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Jean-François Copé à "C Politique" : ses approximations, ses vérités

Le candidat à la présidence de l'UMP était l'invité de Caroline Roux, dimanche sur France 5. FTVi passe au crible sa prestation, relève ses inexactitudes et ses vérités.

Article rédigé par Ilan Caro
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Jean-François Copé sur le plateau de C Politique, le 21 octobre 2012. (IBO / SIPA)

Jean-François Copé était l'invité, dimanche 21 octobre, de l'émission "C Politique" sur France 5. Le secrétaire général de l'UMP, candidat à la présidence du parti, n'a pas évité les approximations et a aussi livré ses vérités. Petit tour d'horizon.

Un mauvais procès à Manuel Valls

Ce qu'il a dit : "Depuis maintenant 5 mois, le ministre de l'Intérieur, avec ses 175% de popularité, n'a pas proposé un seul texte de loi !"

Pourquoi c'est faux : Au-delà du lapsus (Manuel Valls plafonne à 75% de popularité selon le baromètre Ifop-Paris Match), le ministre de l'Intérieur a bel et bien défendu un projet de loi. Il s'agit de celui sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme, qui vise à permettre à la justice de poursuivre les Français qui commettraient des actes terroristes à l'étranger ou partiraient s'entraîner au djihad. Ce texte, qu'il a présenté le 3 octobre en conseil des ministres, a été adopté mercredi par le Sénat. Il doit maintenant être examiné par l'Assemblée nationale en procédure accélérée.

Dépenses publiques : un oubli bien choisi

Ce qu'il a dit : "L'erreur originelle gravissime de François Hollande, c'est qu'au lieu d'avoir eu le courage de faire cet efffort budgétaire sur la baisse des dépenses publiques, il l'a fait sur la hausse des impots"

Pourquoi c'est de mauvaise foi : Jean-François Copé feint d'oublier que le gouvernement a annoncé, dans le cadre du budget 2013, outre 20 milliards de hausses d'impôts, un effort de 10 milliards d'euros pour réduire les dépenses de l'Etat.

La confusion vient du fait que dans le même temps, le gouvernement a évoqué "un gel en valeur" de la dépense publique en 2013 par rapport à 2012, c'est-à-dire que pas un euro de plus (hors intérêts de la dette et pensions de retraite) ne serait dépensé. Alors, réduction des dépenses ou stabilité ?

Cette décision du gel en valeur (le "zéro valeur"), laisse penser qu'il n'y aura pas de baisse des dépenses. Mais il y a une subtilité que Jean-François Copé, ancien ministre du Budget, ne peut ignorer : de nombreuses dépenses de l'Etat augmentent automatiquement, par exemple parce qu'elle sont indexées sur l'inflation. Pour atteindre le "zéro valeur", il faudra donc bien faire des coupes budgétaires. Ce que le gouvernement entend bien faire à hauteur de 10 milliards d'euros, comme il le détaille dans son projet de loi de finances (voir la page 11 de ce fichier PDF).

Contradiction sur les primaires à l'UMP

Ce qu'il a dit : "J'ai moi-même été extrêmement clair, plus peut-être que d'autres, sur le fait que ces primaires [de désignation du candidat UMP pour 2017] devaient absolument avoir lieu "

Pourquoi il se contredit : L'an dernier, alors que le PS préparait sa primaire pour l'élection présidentielle de 2012, Jean-François Copé tirait à boulets rouges sur ce mode de désignation.

Le 27 avril 2011, sur Europe 1, il considérait ainsi que "les primaires ne sont pas une bonne chose, parce que c'est une machine à s'autodétruire". Puis en juin 2011, il estimait qu'une primaire ne correspondait pas à sa "conception gaulliste des institutions", et comparait la primaire socialiste à "un gigantesque fichage politique", dans la mesure où le PS avait besoin des listes électorales pour organiser la désignation de son candidat.

Son changement d'avis remonte en fait au printemps 2012. Dans une interview au quotidien gratuit Metro, il avait alors affirmé : "Je n'ai jamais rien eu contre le principe des primaires. Je trouvais juste pas malin de parler de ce sujet pendant les primaires du PS." Un tacle appuyé à François Fillon, qui avait très tôt vu d'un bon œil cette consultation citoyenne.

Une vérité : le nombre de fonctionnaires augmente

Ce qu'il a dit : "Depuis 10 ans, c'est la première fois que nous augmentons le nombre de fonctionnaires dans notre pays."

Pourquoi c'est vrai : Certes, le budget 2013 prévoit la suppression de 1 287 postes, mais ce calcul ne prend pas en compte les 6 778 postes créés dès la rentrée 2012. Au total, ce sont donc bien 5 491 postes qui auront été créés depuis le début du quinquennat. 

Une augmentation du nombre de fonctionnaires ne s'est, en effet, pas produite depuis 2003, comme le montre ce graphique réalisé par le ministère des finances.  

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