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Invité de "C Politique", Guaino vante (un peu trop) le bilan de Sarkozy

Chaque dimanche, francetv info décrypte et vérifie les propos de l'invité de "C Politique", sur France 5. Cette semaine, l'invité était le député UMP Henri Guaino. 

Article rédigé par Bastien Hugues
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Le député UMP Henri Guaino sur le plateau de France 5, le 27 mai 2012. (IBO / SIPA)

Chaque dimanche, francetv info décrypte et vérifie les propos de l'invité de "C Politique", sur France 5. Dimanche, l'invité était le député UMP Henri Guaino. 

POLITIQUE - Quatre mois et demi après la défaite de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, Henri Guaino continue de défendre sans relâche le bilan de l'ancien chef de l'Etat. Au risque d'enjoliver un peu trop les faits. Sur France 5 (revoir l'émission), dimanche 23 septembre, il est allé jusqu'à affirmer que Nicolas Sarkozy "a fait tout ce qu'il s'était engagé à faire""Qu'on le veuille ou non, Nicolas Sarkozy a empêché une catastrophe, à plusieurs reprises. Il a fait tout ce qu'il s'était engagé à faire. Vous ne trouvez pas un discours qui n'ait pas connu une traduction dans les actes."

Plusieurs exemples peuvent pourtant être évoqués pour montrer que cette affirmation est inexacte. 

1L'emploi : 800 000 chômeurs de plus

Premier exemple : en 2007, Nicolas Sarkozy disait vouloir "s'engager sur le plein-emploi". Sur le plateau de France 2 (revoir la vidéo), il promettait d'arriver à un taux de chômage de 5% à la fin du quinquennat. Dans le cas contraire, ajouait-t-il, ce serait "un échec", et "les Français en tirer[aient] les conséquences"

Une promesse que la crise a fait voler en éclats : en mai 2007, lorsque Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir, la France comptait 2,1 millions de demandeurs d'emploi en catégorie A ; en mai 2012, à la fin de son quinquennat, elle en comptait 800 000 de plus, et le taux de chômage avoisinait les 10%, selon les chiffres du ministère du Travail :

2 Le pouvoir d'achat : un bilan très moyen

Autre promesse phare de Nicolas Sarkozy en 2007 : être le président du pouvoir d'achat. Là encore, la crise a beaucoup pesé contre cette promesse. Selon l'Insee, il a augmenté de 2,4% en 2007, de 0,6% en 2009 et de 0,3% en 2010, il a régressé en 2008 (-0,2%), stagné en 2011, et l'Insee s'attend pour 2012 à un recul jamais vu de 1,4%. 

Dans le même temps, le taux de pauvreté continue de croître. En 2010, selon les derniers chiffres de l'Insee, il a atteint 14,1% de la population. Un niveau inédit depuis 1997. 

3Le bouclier fiscal : abandonné en 2011

Troisième engagement majeur que Nicolas Sarkozy n'a pas tenu : le bouclier fiscal. Symbole de la politique fiscale du chef de l'Etat, il devait limiter à 50% le taux d'imposition des revenus.

Mesure coûteuse (586 millions d'euros en 2009, 678 millions en 2010), ne bénéficiant qu'aux ménages les plus fortunés (les 7% les plus riches ont reçu 60% des sommes versées), le dispositif a finalement été enterré par le Parlement en juillet 2011. 


D'autres engagements non tenus peuvent encore être évoqués. Comme la grande réforme de la dépendance des personnes âgées, pour laquelle Nicolas Sarkozy souhait consacrer "une cinquième branche de la protection sociale", laquelle n'a jamais pu voir le jour faute de ressources nécessaires. Ou cette promesse faite le 18 décembre 2006, dans un meeting à Charleville-Mézières : "Je veux que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid" (voir la vidéo). Un engagement déroutant, lorsqu'on sait qu'en 2011, les associations estiment qu'environ 400 SDF sont morts dans la rue. 

Evidemment, la crise a eu un rôle prépondérant dans ces renoncements. Henri Guaino l'a d'ailleurs rappelé à plusieurs reprises, dimanche, et personne, y compris à gauche, ne semble le contester. Mais dans ce cas, à quoi bon affirmer que "Nicolas Sarkozy a fait tout ce qu'il s'était engagé à faire" ?

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