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Atmosphère bon enfant au siège du PS qui parle de "soirée historique"

La défaite de Ségolène Royal à La Rochelle n'a pas masqué la joie des socialistes d'obtenir la majorité absolue à l'Assemblée nationale dimanche soir à Soférino, siège du PS. Un PS entre "vague rose" et "tristesse" pour son ancienne candidate.
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France Télévisions Rédaction Afrique
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Harlem Desir et Martine Aubry au siège du PS dimanche 17 au soir (PM)

La défaite de Ségolène Royal à La Rochelle n'a pas masqué la joie des socialistes d'obtenir la majorité absolue à l'Assemblée nationale dimanche soir à Soférino, siège du PS. Un PS entre "vague rose" et "tristesse" pour son ancienne candidate.

Au siège du PS dimanche soir, les discussions balançaient entre les commentaires sur la défaite de Ségolène Royal et la joie de la majorité absolue obtenue par le PS pour la première fois depuis 1981. Les ténors du PS saluant la « cohérence » des électeurs et le fait que le « gouvernement aura les moyens d'agir vite sans tergiverser et sans négocier », selon les mots du socialiste Henri Weber.

Jean-Christophe Cambadélis, député PS de Paris parle dimanche soir de "moment historique", "Historique car c'est la deuxième fois que le PS a la majorité absolue à l'Assemblée et historique parce que c'est la première fois que la gauche est majoritaire à l'Assemblée et au Sénat", affirme-t-il dans la Cour Pierre Bérégovoy, au siège du PS rue de Solférino à Paris.

Pour cette quatrième et dernière soirée électorale -après les deux tours de la présidentielle et le premier tour des législatives- le soleil était exceptionnellement présent à la grande joie des militants rassemblés pour créer l'ambiance.

"Je suis triste pour Ségolène"

Mais dans la cour du PS, l'ambiance était un peu plombée par la défaite annoncée de Ségolère Royal avant même l'annonce des résultats à 20 heures.

"Depuis six mois on savait que ce parachutage était dangereux », affirmait le député de Paris Jean-Marie Le Guen, qui n'est pas un proche de l'ancienne candidate à la présidentielle. "Je suis triste pour elle, même si on n'était pas d'accord sur tout". ajoute-t-il. A l'annonce d'une éventuelle victoire de Marine Le Pen il ajoute "ça c'est beaucoup plus triste". La suite de la soirée l'a rassuré sur ce point.

Marie Noelle Lienemann, sénatrice de Paris, toujours plus directe, précise : "le parti n'aurait jamais du la laisser aller au casse pipe".

Plus tard dans la soirée, Martine Aubry a tenu à adresser une "pensée particulière" à Ségolène Royal "une voix qui compte" , soulevant les applaudissements des militants.

Pour François Rebsamen, sénateur de la Côte d'or, la défaite de Ségolène Royal est une "des mauvaises surprises de la soirée". Cela a "un goût amer", ajoute-t-il en précisant que Falorni a été élu avec les voix de droite. "Ca va être dur de gérer Falorni, mais ça va petre encore plus dur de gérer 300 députés socialistes", ajoute-t-il en rigolant.

A 20 heures, la petite foule rassemblée dans la cour Pierre Bérégovoy applaudit à tout rompre à l'annonce des résultats donnant une majorité absolue au PS.

Pendant que les militants saluent chaque victoire socialiste dans les circonscriptions. Les ténors du parti évoquent l'ampleur de la victoire.

"Une vague rose"

"On peut parler de vague rose puisque nous avons la majorité à nous seuls", affirme le sénateur Henri Weber. "Les Français ne sont pas bêtes ajoute-t-il, il n'ont pas effacé le resultat de la présidentielle" avant de saluer "un rajeunissement spectaculaire" de l'Assemblée.

"Oui, on peut parler de vague rose", se réjouit Claude Bartolone, le député de Seine-Saint-Denis, qui dans un instant d'émotion ajoute "je n'imaginais pas qu'un jour je connaitrai une majorité comme en 1981".

Guillaume Bachelay, suppléant de Laurent Fabius au premier tour, qui va donc remplacer à l'Assemblée le ministre des Affaires étrangères dès le mois de juillet, préfère lui ne pas parler de vague rose "mais d'une majorité pour changer le pays et l'Europe".

Alors que les militants sifflent les apparitions de Nadine Morano ou d'Olivier Falorni sur les écrans de télé, les journalistes évoquent déjà le perchoir, que visait Ségolène Royal. "On ne parle de ça maintenant", lance Claude Bartelone, dont le nom circule déjà.

Même prudence sur la question des groupes parlementaires, alors qu'on ne connait pas encore les scores précis des alliés du PS. Si, les socialistes repoussent à plus tard cette question. François Rebsamen note qu' » au Sénat on l'a bien fait » en évoquant la baisse du nombre de députés nécessaires pour former un groupe. Pour d'autres leaders du PS, il faut cependant faire attention à ne pas disperser les forces politiques.

Dans cette ambiance festive, les oreilles de Jean-Luc Mélenchon ont du siffler. Nombreux sont les responsables du PS a mettre en cause son style et ses discours tant dans la circonscritpion où il s'est présenté que pour le score du PC. "Le bilan est lourd. Melenchon a dynamisé un peu et marginalisé beaucoup le PC", note Jean-Marie Le Guen. De son côté, François Rebsamen regrette la défaite de François Bayrou. "C'est pas un bon signe. Cela n'a pas été une grande délicatesse de présenter quelqu'un contre lui", note-il.

La Grèce plane sur le scrutin

Hasard du calendrier, pendant que les socialistes français fêtent leur victoire, les Grecs attendent le résultat de leurs législatives. "Ce qui se passe en Grèce fait partie de notre soirée électorale », note Guillaume Bachelay le député de Seine Maritime qui reprend le discours de François Hollande affirmant que "l'austérité n'est pas la solution" et appelant à des "changements en Europe".

"La solution n'est pas seulement en Grèce", note pour sa part Henri Weber, pointant le prochain sommet européen des 28 et 29 juillet.

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