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Assemblée : les Verts obtiennent la vice-présidence mais assument leur côté "rebelle"

Denis Baupin, député EELV de Paris, a obtenu la vice-présidence de l'Assemblée Nationale. Une première pour un écologiste. Les Verts ont trouvé un accord avec le PS après les vives tensions de la veille, mais assument avoir "donné un avertissement".
Article rédigé par Natalia Gallois
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Denis Baupin, député EELV de Paris, devient le premier vice-président écologiste de l'Assemblée. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Denis Baupin, député EELV de Paris, a obtenu la vice-présidence de l'Assemblée Nationale. Une première pour un écologiste. Les Verts ont trouvé un accord avec le PS après les vives tensions de la veille, mais assument avoir "donné un avertissement".

"M. le vice-président, félicitations", "Allez, je t'embrasse", "Waouh, des journalistes rien que pour toi". Les mots de félicitations pleuvent autour de Denis Baupin jusqu'en salle des quatre colonnes mercredi 27 juin dans l'après-midi.

L'écologiste vient d'obtenir la vice-présidence de l'Assemblée nationale lors d'une première séance présidée par Claude Bartolone, qui n'aura duré que quelques minutes.

"Nous avons donné un avertissement"

Socialistes et Verts sont en effet parvenus à un accord. Mais l'heure n'est pas aux effusions de joie. "Je ne vais pas me plaindre, beaucoup de députés ici aimeraient être à ma place", lance M. Baupin, encore marqué par le couac de la veille entre socialistes et Verts.

Outrés de ne pas avoir obtenu la présidence attendue de la commission du développement durable, finalement attribuée à Jean-Paul Chanteguet, député PS de l'Indre, les écologistes avaient choisi une mesure de rétorsion : le vote blanc pour l'élection de M. Bartolone au perchoir.

"C'est dommage qu'hier nous en soyons arrivés là", regrette mercredi M. Baupin, qui se voyait déjà présider cette commission, "dans la précipitation, nous n'avons pas pu nous mettre d'accord tout de suite, mais les torts sont partagés".

Avant d'ajouter, sûr de lui : "Nous avons le sentiment que nous avons donné un avertissement. Nous sommes partie prenante de la majorité, et nous avons notre liberté de vote, c'était important de montrer qu'on pouvait se rebeller".

"Il n'y a pas de logique de sortie de majorité"

Même son de cloche du côté des coprésidents du groupe des Verts au Palais Bourbon, qui ne se quittent plus d'une semelle. Barbara Pompili, député de la Somme, assume ainsi le choix du vote blanc : "C'était un vote d'alerte, nous ne sommes pas de ceux qui quittent le navire pour un problème de postes, mais le PS ne doit pas croire qu'il va gouverner tout seul", lance-t-elle.

Et son binôme, François de Rugy, député de Loire-Atlantique, de renchérir : "Quand il y a des éléments inacceptables, on le dit". Avant de tempérer : "Mais il n'y a pas de logique de sortie de majorité". "On n'y est même pas encore entrés", s'amuse Mme Pompili dans un rire.

M. de Rugy reste tout de même sur ses gardes : "Seul l'avenir nous dira si côté PS, on va dans le sens du dialogue pour trouver des solutions communes, ou si au contraire la tendance à faire tout tout seul dominera", précise-t-il.

Mme Pompili affirme, elle, vouloir "avancer, pour que les Verts soient présents dans toutes les commissions".

Après avoir refusé la veille la présidence de la commission aux Affaires européennes, qui n'est pas une commission permanente de l'Assemblée mais l'ancienne délégation pour l'Union européenne, les Verts ont fini par l'accepter. Celle-ci devrait revenir à Danielle Auroi, député du Puy-de-Dôme, jeudi 28 juin.

Les huit commissions permanentes se réuniront en effet le matin pour procéder à l'élection de leur président et des autres membres de leur bureau.

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