Cet article date de plus de neuf ans.

Après des échauffourés devant le QG de Nicolas Sarkozy, les métallos refusent d'aller à l'Elysée

Accueillis par des gaz lacrymogènes devant le QG de Nicolas Sarkozy jeudi, les syndicalistes d'ArcelorMittal ont décidé de boycotter la rencontre proposée lundi à l'Elysée. Nicolas Sarkozy accuse la CGT de de vouloir jouer "un rôle politique".
Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Edouard Martin, responsable CFDT d'ArcelorMittal, face à un CRS à Paris le 15 mars (AFP PHOTO THOMAS SAMSON)

Accueillis par des gaz lacrymogènes devant le QG de Nicolas Sarkozy jeudi, les syndicalistes d'ArcelorMittal ont décidé de boycotter la rencontre proposée lundi à l'Elysée. Nicolas Sarkozy accuse la CGT de de vouloir jouer "un rôle politique".

De brèves échauffourées ont opposé jeudi à la mi-journée quelque 200 métallurgistes de l'aciérie ArcelorMittal de Florange (Moselle) aux forces de l'ordre, devant le QG de Nicolas Sarkozy, après quoi les métallos ont décidé de boycotter la rencontre proposée lundi à l'Elysée. Nicolas Sarkozy a répliqué en accusant la CGT de vouloir jouer "un rôle politique".

Venus pour défendre l'avenir de leur usine, les salariés de Florange, où deux hauts fourneaux sont à l'arrêt depuis plusieurs mois, étaient arrivés à 12 heures dans le XVe arrondissement, à proximité du QG de campagne, où un important dispositif policier avait été déployé. M. Sarkozy, en déplacement dans la Marne, n'était pas présent à son QG.

Partis vers 07 heures de Lorraine, quatre autocars affrétés par une intersyndicale CFDT-CGT-FO avaient été escortés par les CRS depuis le péage autoroutier de Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne).

Lors de brèves échauffourées, les métallos ont été aspergés de gaz lacrymogène par la gendarmerie mobile et refoulés vers le pont Mirabeau.

Reportage de France 2 Yves Junqua et Olivier Guardette

Les métallos, mécontents, refusent le rendez-vous proposé

"Le candidat du peuple accueille le peuple avec des CRS", a regretté à sa descente de bus le responsable de la CFDT, Edouard Martin, qui a reçu plusieurs jets de gaz lacrymogène. "Nous ne sommes pas venus dans un esprit d'affrontement mais dans un esprit de dialogue, faire de la pédagogie sur la situation de notre usine", a-t-il ajouté.

Revêtus de la tenue argentée de la "coulée" et au milieu de feux de bengale et de pétard, les "métallos" ont demandé à être reçus par un membre de l'équipe de campagne.

M. Sarkozy avait quitté son QG vers 11h30, selon des journalistes sur place. A sa sortie, il a indiqué qu'il "avait des obligations" et que "les métallos (devant venir à Paris) n'étaient pas représentatifs", en réitérant sa proposition de rendez-vous à l'Elysée, lundi à 11 heures.

Toutefois, mécontents de l'accueil qui leur a été fait à proximité du siège de campagne de M. Sarkozy, les représentants de la CFDT et de la CGT ont annoncé leur refus de se rendre à l'Elysée. FO a réservé sa réponse jusqu'à vendredi.

"On n'a jamais dérapé, on est reçu avec des gaz lacrymogènes. On n'ira pas à l'Elysée lundi", a expliqué Edouard Martin, responsable CFDT, la CGT confirmant être sur la même longueur d'onde.

Nicolas Sarkozy leur avait proposé de les rencontrer en l'absence de tout décideur d'ArcelorMittal.

Grande journée nationale

Dans l'après-midi, les ArcelorMittal voulaient déployer sur la tour Eiffel une banderole géante proclamant "L'acier lorrain vivra". "Le symbole de la France, c'est la tour Eiffel. Or, l'acier de la tour a été forgé en Lorraine", a expliqué Edouard Martin.

Le 22 mars, la CGT organisera à Florange une "grande journée nationale" de manifestation sur le thème de "L'industrie et la sidérurgie en France". Elle prévoit de faire venir en Lorraine "des milliers" de métallos français, belges, luxembourgeois et allemands.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Politique

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.