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Après 7 semaines dans la tourmente, Michèle Alliot-Marie démissionne

Contestée depuis le début de la révolution tunisienne, la ministre des Affaires étrangères a donc confirmé ce soir sa démission. Elle aura pourtant résisté jusqu'au bout. Mais depuis sa proposition d'apporter à Tunis les moyens de maintenir l'ordre jusqu'à l'achat par ses parents d'une propriété dans ce pays en pleine crise, sa démission était demandée semaine après semaine. Et la voix de la diplomatie française devenue inaudible. Elle a fini par céder, "bien qu'ayant le sentiment de n'avoir commis aucun manquement".
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

A l'origine de cette crise, les déclarations hasardeuses le 11 janvier de Michèle Alliot-Marie sur l'aide que la France pouvait apporter à la Tunisie dans le domaine du maintien de l'ordre.

La ministre de Affaires étrangères va devoir ensuite s'expliquer, souvent et laborieusement, sur son voyage en Tunisie fin décembre, pendant les fêtes de fin d'année, dans ce pays où la répression des manifestants avait commencé quinze jours plus tôt. Et notamment sur l'utilisation, toujours pendant cette crise, et à deux reprises, du jet privé d'un ami tunisien, l'homme d'affaire Aziz Miled.

Ses explications sur sa rencontre par hasard avec l'homme d'affaire à l'aéroport, ses erreurs de date sur les évènements tunisiens, et l'omission dans un premier temps, du deuxième voyage avec le même jet du même homme d'affaire n'avaient pas convaincu.

La goutte d'eau qui avait failli faire déborder le vase, c'était l'argument choc utilisé le 5 février par Michèle Alliot-Marie sur France Info: "*Quand je suis en vacances, je ne suis pas ministre des Affaires étrangères, je suis Michèle Alliot-Marie."

*

Un argument qui a déclenché une nouvelle vagues de critiques...

"On est toujours ministre de la République, qu'on soit en vacances ou en activité, on ne se met pas entre parenthèses" s'est agacé le président du groupe socialiste à l'assemblée, Jean-Marc Ayrault. Et le ministre de la Coopération, Henri de Raincourt, s'est révélé bien embarrassé pour assurer la défense de la ministre des Affaires étrangères: "quand on est membre du gouvernement... on l'est évidemment à temps complet..."

Mais Michèle Alliot-Marie avait été sauvée in extremis par un rebondissement inattendu, les révélations sur un voyage de François Fillon, dans l'Egypte elle aussi en crise, à l'invitation de l'ex-président Moubarak.

Jusqu'à ce que le Canard enchainé sorte le 15 février une nouvelle affaire, l'achat par les parents de Michèle Alliot-Marie au même Aziz Miled des parts d'une société immobilière en Tunisie.

Ce vendredi sur France info, Michèle Alliot-Marie avait refusé d'envisager une démission: "*Ma devise, c'est bien faire et laisser dire... C'est vrai que
depuis des semaines il y a des polémiques, des rumeurs, des
attaques, ceci est très désagréable... Je m'en suis expliquée, il n' y a eu aucune action illégale,
ni aucune action fautive, je ne reviendrai donc pas là-dessus,
aujourd'hui je travaille."

Un discours qu'elle reprendra depuis le Koweit , "je suis cent pour cent mobilisée en tant que ministre des
Affaires Étrangères. Je ne commente pas les rumeurs
parisiennes* . "

Ces rumeurs parisiennes sont devenues réalité, ce soir : Michèle Alliot-Marie n'est plus ministre des Affaires Etrangères. Son conjoint en revanche, Patrick Ollier reste au gouvernement. "Il n'y a pas de souci. Je conserve mes fonctions" , a déclaré le ministre des Relations avec le Parlement. Il faisait pourtant partie du voyage en Tunisie qui a provoqué la disgrâce de sa compagne...

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