Nicolas Sarkozy entendu par les juges à propos des pénalités réglées par l'UMP

A l'origine de cette affaire, le rejet, par le Conseil constitutionnel, des comptes de la campagne présidentielle de 2012 de Nicolas Sarkozy, en raison du dépassement du plafond des dépenses autorisées.

Nicolas Sarkozy a salué la victoire de la droite lors du second tour des élections départementales, le 29 mars 2015, depuis le siège de l\'UMP à Paris.
Nicolas Sarkozy a salué la victoire de la droite lors du second tour des élections départementales, le 29 mars 2015, depuis le siège de l'UMP à Paris. (CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS)

Cet interrogatoire devant les juges avait été plusieurs fois reporté. Mercredi 1er avril, Nicolas Sarkozy est entendu au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris par des juges chargés de l'affaire des pénalités qui lui avaient été infligées après l'invalidation de ses comptes de campagne lors de la présidentielle de 2012. Ces pénalités avaient été réglées par l'UMP

A l'origine de cette affaire, le rejet par le Conseil constitutionnel des comptes de la campagne présidentielle de 2012 de Nicolas Sarkozy, en raison du dépassement du plafond des dépenses autorisées. En privant l'UMP d'un remboursement de plus de 10 millions d'euros, cette décision avait eu des conséquences lourdes pour le parti, alors en grande difficulté financière avec une dette estimée à plus de 70 millions. Une vaste collecte auprès des militants avait alors été lancée avec succès, le "Sarkothon".

Conformément au code électoral, le candidat Sarkozy s'était également vu infliger, à titre personnel, des pénalités dont l'UMP s'était finalement acquittée à sa place, en novembre 2013.

Un éventuel "abus de confiance" 

Si, en décembre, peu après son élection à la tête de l'UMP, Nicolas Sarkozy avait fait un chèque au parti afin de régler cette pénalité, à hauteur de 363 615 euros, ce remboursement par l'ancien chef de l'Etat n'a pas clos pour autant le volet judiciaire de cette affaire. Le parquet de Paris avait en effet ouvert, le 2 juillet 2014, une information judiciaire sur le paiement par l'UMP de cette pénalité. L'enquête vise un éventuel "abus de confiance" au préjudice de l'UMP. 

Dans ce dossier, l'ex-patron de l'UMP Jean-François Copé a été mis examen début février pour "abus de confiance". L'ex-trésorière du parti Catherine Vautrin avait été mise en examen du même chef en décembre.

La prise en charge de ces pénalités par l'UMP avait notamment été décidée après un avis juridique favorable de Me Philippe Blanchetier, qui avait auparavant représenté Nicolas Sarkozy devant la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). L'avocat a été placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté, comme avant lui l'ancienne directrice des ressources du parti, Fabienne Liadzé.