Serge Dassault était "synonyme d'excellence française", selon Pierre Gattaz

Le patron du Medef a réagi à la mort de l'industriel français de l'armement, lundi 28 mai, sur franceinfo.

Serge Dassault lors d\'une conférence de presse à Saint-Cloud, le 11 mars 2015.
Serge Dassault lors d'une conférence de presse à Saint-Cloud, le 11 mars 2015. (ERIC PIERMONT / AFP)

"Serge Dassault a contribué à faire de Dassault un groupe très connu internationalement, synonyme d'excellence française, de qualité française, de technologie française", a réagi lundi 28 mai sur franceinfo le patron du Medef Pierre Gattaz, après la mort de l'industriel et homme politique à l'âge de 93 ans. Pour lui, Serge Dassault était un homme politique "libéral mais très humain" qui avait inventé "avant l'heure le management participatif".

franceinfo : Que représentait Serge Dassault pour l'industrie française ?

Pierre Gattaz : C'est un choc parce que Serge Dassault a contribué, par tout le développement qu'il a fait pour son groupe, à faire de Dassault un groupe très connu internationalement, synonyme d'excellence française, de qualité française, de technologie française. C'est une grande tristesse de le voir disparaître. Dassault c'est un nom connu partout dans le monde par ses avions, ses Mirage et ses Rafale, mais aussi par ses avions d'affaires, les Falcon, de plus en plus connus à l'étranger. Ce sont de très beaux avions, de très bons avions, civils ou militaires, synonymes de technologie française. Dassault, c'est un nom qui fait rayonner l'excellence française dans le monde entier. Je retiendrai ça de la saga Dassault. Marcel Dassault, le créateur, le développeur génial. Et Serge Dassault qui a continué l'aventure et a réussi à le propulser à l'international, à lui garder sa qualité, sa technologie scientifique et à réussir les diversifications.

Et que retiendrez-vous de l'homme ?

Je le connais depuis une trentaine d'années. J'ai travaillé chez Dassault Electronique comme tout jeune ingénieur, il y a 35 ans. C'était un homme avec de fortes convictions, très courageux, très patriote, voulant que son pays avance. Il était passionné de gestion participative. Il était très surprenant. Quand vous regardez les niveaux d'intéressement ou de participation au sein du groupe Dassault, c'est régulièrement trois mois de salaire en plus par an. Il en a fait une sorte d'argument en disant : "C'est important de partager la richesse créée". Serge Dassault était aussi un homme avec une vision extrêmement libérale, mais très humain. C'est ce que les gens ne comprennent pas trop : on peut être libéral et extrêmement humain... Exigeant, mais on ne fait pas cela en étant tortionnaire. Il avait inventé avant l'heure la gestion participative, le management participatif. C'est les deux qu'il faut mener.

Serge Dassault pesait-il sur le fonctionnement des entreprises françaises ?

Serge Dassault incarnait l'écosystème de l'aéronautique. Il faut être innovant, compétitif, il faut être bon en termes de qualité. Il a contribué à tout cela. Il était moins dans les instances du Medef, mais il voulait absolument voir tous les candidats à l'élection de la présidence du Medef en juillet prochain. Parce qu'il était passionné par l'économie, passionné par l'entreprise, passionné par la France. Il voulait fondamentalement que la France s'en sorte. Il voulait débattre. Il challengeait les gens. C'était quelqu'un qui a eu beaucoup de ténacité, il a pris beaucoup de coups, mais il avançait dans le combat. Et il incarnait cette excellence et ce rayonnement international par ses produits. Son entreprise légitimait sa réputation et ses convictions fortes.