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Jérôme Cahuzac ne sera pas candidat à la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot

Un "choix douloureux", annonce l'ancien ministre du Budget à La Dépêche du Midi. Jérôme Cahuzac redoutait "une campagne violemment haineuse" qui aurait "gâché" son "rendez-vous avec les électeurs".

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France Télévisions
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Jérôme Cahuzac, le 7 mars 2013, à Bassens (Gironde). (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

Le Parti socialiste l'espérait, ses partisans le redoutaient. Jérôme Cahuzac a annoncé dimanche 19 mai à La Dépêche du Midi qu'il ne serait pas candidat à l'élection législative partielle de la troisième circonscription du Lot-et-Garonne, celle de son fief de Villeneuve-sur-Lot. "Je ne serai pas candidat. J'espère que chacun comprendra et respectera ce choix douloureux et qui me fut bien difficile à faire", a-t-il déclaré.

Les critiques dont il a fait l'objet ces derniers jours, notamment de la part du président de la République, l'ont-elles dissuadées ? Apparemment. "Ces propos annoncaient en réalité une campagne violemment haineuse avec un harcèlement médiatique incessant rendant toutes les explications difficiles ou impossibles, compromettant ou gachant le rendez vous que j'esperais avec les électeurs", explique-t-il à La Dépêche. Toutefois il promet : "J'aime trop ce territoire [...] pour l'oublier. Je reviendrai."

Au passage, il profite de l'entretien pour répondre à ses détracteurs. "Je n'aurais jamais demandé au suffrage universel de m'amnistier et le processus judiciaire serait évidemment allé à son terme, assure-t-il. D'ores et déjà sachez que j ai fait procéder au rapatriement des montants litigieux . Ils sont en France à la disposition de la justice. Je paierai ma dette. Et je ferai don du reliquat, s'il existe, a des œuvres caritatives de l'arrondissement."

"Oui, ça me rend la campagne plus simple"

Du côté du Parti socialiste, on assure que cette décision ne change rien. "Pour moi, les adversaires ne changent pas. C'est la droite et l'abstention", explique à francetv info Bernard Barral, le candidat investi par le Parti socialiste. Quant aux divisions entre pro-Cahuzac et pro-Barral qui ont traversé le PS local ces derniers jours, il estime que cela ne lui portera pas préjudice pour la suite. "Certains militants, par solidarité et par amitié, soutenaient la possibilité que Jérôme Cahuzac soit candidat, reconnaît-t-il. Mais demain, la raison va parler". Il glisse cependant que"oui, cela [lui] rend la campagne plus simple"

L'ancien ministre du Budget, qui a avoué le 2 avril détenir un compte non déclaré en Suisse, a longuement hésité. Il avait certes distillé les indices, en se promenant sur le marché de Villeneuve-sur-Lot début mai, et accéléré les préparatifs de sa campagne en cherchant un suppléant et faisant réserver par ses proches un local de campagne.

"Il avait beaucoup de témoignages de gens qui l'invitaient à se représenter, il avait vraiment envie que les électeurs aient le dernier mot concernant son avenir politique, explique Yannick Lemarchand, son plus proche collaborateur à Villeneuve-sur-Lot, contacté par francetv info. Mais ce climat ne lui aurait pas permis de faire la campagne qu'il souhaitait, de s'expliquer sur son mensonge".

"S'il a la moindre chance de perdre, il n'ira pas"

Jérôme Cahuzac a douté jusqu'au dernier moment. Il devait donner sa réponse vendredi soir, pour un interview dans La Dépêche du Midi de samedi. Il a repoussé de 24h l'entretien téléphonique. Et il s'en est fallu de peu pour qu'il annule à nouveau. 

Il a beau s'en défendre, estimant que "certains avaient peur de ce que le peuple dirait"il est probable que c'est surtout l'issue indécise de l'élection qui l'a fait renoncer. Un premier sondage, réalisé par l'institut Ipsos pour le Parti socialiste, le donne 4e, à 11%. Si ce score est insuffisant pour se qualifier pour le second tour, il est suffisamment haut pour éliminer le candidat socialiste, Bernard Barral. Le second sondage, effectué par l'Institut LH2, le donne deuxième à 20%, derrière l'UMP et devant le PS. 

Alors que Jérôme Cahuzac hésitait, Benoît Dupuy, adjoint à la Mairie de Villeneuve-sur-Lot, nous confiait qu'il était sûr que l'ancien ministre jetterait l'éponge: "s'il a la moindre chance de perdre, il n'ira pas". De son côté, l'autre député PS du Lot-et-Garonne et chef du PS local, Matthias Fekl, a salué cette décision : "C'était la seule possible. Cette décision s'imposait. Elle va permettre maintenant à cette campagne d'aborder les vrais sujets."

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