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Affaire Cahuzac : la Suisse blanchit le ministre du Budget

Les autorités fiscales du pays ont exclu que le ministre du Budget, ait eu, depuis 2006, un compte bancaire à l'UBS à son nom ou à celui d'une société, selon "Le JDD".

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France Télévisions
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Le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, à l'Assemblée nationale à Paris, le 5 février 2013. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Jérôme Cahuzac blanchi par la Suisse. Les autorités fiscales du pays ont exclu que le ministre du Budget, ait eu, depuis 2006, un compte bancaire à l'UBS à son nom ou à celui d'une société, révèle Le JDD dimanche 10 février. Mediapart a publié depuis le 4 décembre plusieurs informations mettant en cause Jérôme Cahuzac et maintient dimanche ses accusations. Le site d'information l'accuse notamment d'avoir détenu un compte bancaire secret en Suisse, ce que l'intéressé a nié.

Le ministre du Budget n'est ni titulaire, ni "ayant droit économique" depuis 2006, date butoir de la convention OCDE d'entraide fiscale liant la France à la Suisse, ajoute le JDD. "Cette réponse transmise par l'UBS via les autorités fédérales suisses et les services fiscaux français dément formellement la possibilité d'un compte", a confié au JDD une source administrative à Bercy. "Imaginer une seconde que les autorités suisses aient pu faire une réponse de complaisance est tout simplement absurde", a insisté la même source.

L'enquête préliminaire sur l'affaire se poursuit

L'affaire fait l'objet d'une enquête préliminaire et a donné lieu à l'échange de documents entre autorités françaises et helvétiques. La réponse des autorités fédérales suisses a donc été transmise au ministre de l'Economie et des Finances. Pierre Moscovici l'a aussitôt fait suivre au procureur de Paris en charge de cette enquête, précise le JDD

Le JDD révèle aussi que Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, "a demandé à la DCRI [Direction centrale du renseignement intérieur] de vérifier dans ses archives si le service de contre-espionnage avait mené des enquêtes sur Cahuzac""Aucune enquête, rien", a assuré au JDD une source à la DCRI. "En revanche, en 2009, nous avions eu des informations sur de possibles comptes suisses de personnalités françaises, dont vraisemblablement Jérôme Cahuzac, mais nous n'avons pas donné suite, ces informations nous semblant provenir d'un montage", ajoute la même source.

Mediapart maintient ses accusations

Le site d'information en ligne Mediapart, à l'origine de l'affaire, maintient pourtant sa position. "Cela ressemble furieusement à une opération de communication", a déclaré le rédacteur en chef de Mediapart, François Bonnet. "Il n'y a pas un élément à l'appui de l'article qui laisse penser que le journaliste ait pu consulter ce document", estime-t-il. "Nous maintenons qu'il y a bel et bien eu un compte suisse ouvert à l'UBS et que Jérôme Cahuzac, lors d'un déplacement à Genève, début 2010, a organisé le transfert d'un certain nombre d'avoirs vers Singapour", a-t-il poursuivi.

Vendredi, Mediapart (lien réservé aux abonnés) a publié le fac-simile d'un courrier électronique présenté comme émanant d'un expert-comptable et adressé au ministre du Budget. Ce document tend à étayer certaines de ses informations mettant en cause Jérôme Cahuzac. Il s'agit notamment des informations selon lesquelles un des appartements du ministre aurait été sous-évalué auprès du fisc. L'entourage de Jérôme Cahuzac n'avait pas souhaité réagir vendredi soir à ce nouveau document.

"Comme moi je connais la vérité, je n'ai aucun doute quant à la nature de la réponse qui a été apportée", avait déclaré Jérôme Cahuzac mercredi. Il réagissait à la remise par la Suisse aux autorités françaises d'un document sur la détention éventuelle d'un compte bancaire en Suisse. "Je ne me suis jamais senti coupable même si j'ai pu paraître accablé par le soupçon terrible qui pesait sur moi", avait-il ajouté.

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