Bercy prêt à contester l'arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie

En 2008, l'homme d'affaires avait empoché 403 millions d'euros dans le règlement du contentieux l'opposant à l'Etat sur la revente d'Adidas, en 1993. 

La directrice du FMI, Christine Lagarde, et le ministre de l\'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, le 24 mars 2013 à Bruxelles (Belgique).
La directrice du FMI, Christine Lagarde, et le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, le 24 mars 2013 à Bruxelles (Belgique). (JOHN THYS / AFP)

Bercy pourrait déposer un recours en nullité contre l'arbitrage rendu en 2008 en faveur de l'homme d'affaires Bernard Tapie, a indiqué mercredi 22 mai le ministre de l'Economie et des Finances, confirmant ses propos au Monde.fr (lien abonnés). Pierre Moscovici a rappelé qu'aucune procédure ne viserait Christine Lagarde, qui "conserve la confiance des autorités de l'Etat".

"Mon rôle comme ministre des Finances est d'être vigilant et de veiller à ce que les intérêts de l'Etat ne soient pas lésés", a déclaré le ministre. "S'il s'avérait que les intérêts de l'Etat ont été lésés, alors Bercy utilisera les voies de droit qui sont à sa disposition, parmi lesquelles la constitution de partie civile dans le volet non ministériel du dossier", a-t-il ajouté, précisant qu'il s'agirait d'avoir accès au dossier de tous les acteurs, hormis celui de Christine Lagarde.

Visée par une enquête portant sur des chefs de "complicité de faux" et de "complicité de détournement de fonds publics" depuis l'été 2011, Christine Lagarde est soupçonnée d'avoir favorisé Bernard Tapie, alors qu'elle était ministre de l'Economie, en 2008, dans le règlement du contentieux l'opposant à l'Etat sur la revente d'Adidas, en 1993. Le choix de l'arbitrage avait permis à l'homme d'affaires d'empocher 403 millions d'euros.

Christine Lagarde pourrait être mise en examen

Christine Lagarde, aujourd'hui directrice générale du Fonds monétaire international, est convoquée jeudi devant la Cour de justice de la République (CJR), pour s'expliquer sur son rôle dans l'arbitrage, selon Le Monde.fr. D'après le site du quotidien, la CJR envisage de la mettre en examen dans cette affaire. 

Selon son avocat, Yves Repiquet, l'audition de Christine Lagarde pourrait se poursuivre jusqu'à vendredi. Elle pourrait être soit mise en examen, "soit placée sous statut de témoin assisté", a-t-il rappelé.