Volet financier de l'affaire Karachi : un procès "historique" devant une Cour de justice de la République "totalement archaïque", critique un pénaliste

"Voilà des parlementaires jugés par des pairs", souligne William Bourdon, le fondateur de l'association Sherpa, qui lutte contre la corruption. 

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Radio France
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William Bourdon, avocat pénaliste et fondateur de l'association Sherpa, qui lutte contre la corruption, le 27 novembre 2020. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Le procès Karachi devant la Cour de justice de la République mardi 19 janvier est "évidemment un procès historique compte tenu des personnalités de premier plan qui sont impliquées", mais devant une Cour de justice de la République "totalement archaïque", a affirmé sur franceinfo William Bourdon, avocat pénaliste et fondateur de l'association Sherpa, qui lutte contre la corruption.

>> Suivez en direct le procès Karachi.

Édouard Balladur, ancien Premier ministre de Jacques Chirac, doit y répondre de soupçons de financement occulte de sa campagne présidentielle de 1995. Son ministre de la Défense de l'époque, François Léotard, est également jugé sur le volet financier de cette affaire. Le procès est prévu pour durer jusqu'au 11 février prochain. Ils sont jugés 25 ans après les faits, "une temporalité qui, évidemment, n'est pas souhaitable, mais qui, compte tenu de la complexité des faits, n'est pas non plus totalement ahurissante", a-t-il ajouté.

La CJR remet en cause "l'égalité devant la loi"

Ce procès pose aussi la question "du manque de moyens, du manque de ressources techniques et financières s'agissant des enquêteurs ou juges financiers", mais surtout "de la suppression de la Cour de justice de la République mille fois promise et promesses mille fois non tenues". Pour Me William Bourdon, la CJR "sent la naphtaline". Elle remet en cause "l'égalité devant la loi et les grands principes de responsabilité pénale". "Voilà des parlementaires jugés par des pairs". Il y a donc pour ce pénaliste "un soupçon de partialité". L'avocat renvoie la balle au chef de l'État pour lancer une "réforme constitutionnelle", mais Emmanuel Macron en "a t-il la volonté ?La réponse lui appartient".

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