Affaire Jouyet-Fillon : l'ancien Premier ministre ne récupère pas l'enregistrement des journalistes du "Monde"

La justice rejette la demande de François Fillon, mais une partie de l'enregistrement sera toutefois produite à l'audience lors du procès en diffamation à venir. 

François Fillon sur le plateau de TF1, le 9 novembre 2014.
François Fillon sur le plateau de TF1, le 9 novembre 2014. (MAXPPP)

François Fillon perd une bataille. Le tribunal de grande instance de Paris a rejeté, jeudi 20 novembre, la demande de l'ancien Premier ministre de récupérer un enregistrement réalisé par des journalistes du Monde. Dans cet enregistrement, le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, confie à Gérard Davet et Fabrice Lhomme que l'ancien Premier ministre lui a demandé, lors d'un déjeuner le 24 juin, d'accélérer les procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy pour empêcher le retour de son rival pour la primaire UMP, et de "taper vite".

François Fillon dément formellement, de son côté, avoir demandé au secrétaire général de l'Elysée une accélération des poursuites judiciaires contre Nicolas SarkozyL'ancien Premier ministre a engagé, lundi, des poursuites en diffamation contre Jean-Pierre Jouyet, et les deux journalistes. Une première audience de procédure devrait se tenir le 13 janvier devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Au vu des délais d'audiencement, le procès ne devrait pas se tenir avant plusieurs mois. 

La partie concernant "le déjeuner" sera diffusée

Néanmoins, l'enregistrement sera en partie diffusé à l'audience lors de ce procès, selon l'un des avocats du Monde, Me François Saint-Pierre. "Oui, nous allons produire l'enregistrement afin qu'il soit diffusé à l'audience", a déclaré l'avocat. Ne sera produite que la partie qui concerne "le déjeuner" du 24 juin.

François Fillon demandait à la justice de pouvoir récupérer l'intégralité de l'enregistrement, mais le tribunal a estimé que cette demande n'était pas "légalement admissible", selon le jugement.

Son avocat, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, a pris "acte" de cette décision et indiqué qu'il ne conseillerait pas à son client de faire appel, car cette action n'a "aucune incidence" sur le procès en diffamation à venir et parce que "l'objectif majeur de cette action est atteint : nous avons fait la démonstration qu'il y quelque chose à dissimuler dans cet enregistrement". Me Saint-Pierre a, quant à lui, estimé que cette action de l'ancien Premier ministre était une "pitrerie".