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Procès Bettencourt : les experts décrivent une milliardaire aux facultés très diminuées

Les cinq spécialistes, qui ont examiné l'héritière de L'Oréal en 2011, décrivent une femme souffrant d'errements et de surdité, alors que dix hommes sont soupçonnés d'avoir abusé de ses faiblesses.

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L'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt, en octobre 2011 à Paris. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Les cinq experts médicaux chargés d'examiner, en 2011, Liliane Bettencourt ont dressé, lundi 16 février, le portrait d'une femme fortement handicapée par sa surdité et incapable de répondre à des questions simples portant sur son âge ou son programme de la journée. Aujourd'hui âgée de 92 ans et sous tutelle, l'héritière de L'Oréal est la grande absente de ce procès durant lequel le tribunal correctionnel de Bordeaux (Gironde) tente de déterminer si la milliardaire avait tout son discernement lorsqu'elle effectuait dons et investissements par dizaines de millions.

Comme l'explique France 3 Aquitaine, ces examens constituaient la première expertise médicale judiciaire réalisée auprès de la milliardaire. Dans leur rapport, les cinq praticiens, également chargés d'analyser l'ensemble de son dossier médical, avaient estimé que la vulnérabilité de la vieille dame remontait à septembre 2006, date retenue pour le début des abus de faiblesse pour lesquels dix hommes sont jugés jusqu'au 26 février à Bordeaux.

Un "vernis" qui donne l'apparence de la "cohérence"

Les cinq experts s'étaient rendus le 7 juin 2011 au domicile de la milliardaire, alors âgée de 88 ans. A la barre, le Dr Sophie Auriocombe, neurologue, a fait état de la difficulté pour Liliane Bettencourt de comprendre une batterie de questions simples sur elle-même ou sa vie du moment. De la même façon, elle a souligné l'incapacité de la vieille dame à lui répondre sur son âge. Selon elle, la milliardaire est, par ailleurs, incapable de répéter trois mots qu'elle vient de lire ou de lui répondre sur son programme de la journée.

Même difficulté devant le "test très simple de vocabulaire" proposé par le Dr Bruno Daunizeau, psychologue. "Elle n'a pas été capable de répondre à la moindre question", a expliqué l'expert, relevant des réponses stéréotypées d'une "femme courtoise, très femme du monde", telles que "oui, oui, je vois", mais finalement "n'arrivant pas à répondre".

Selon le Dr Jean-François Dartigues, neurologue, la discussion avec la milliardaire pouvait avoir une "certaine cohérence" quand les "questions venaient d'elle". Un "vernis", selon lui, en raison du niveau socio-culturel de l'héritière de L'Oréal. Un constat partagé par le Dr Daunizeau qui évoque "une attitude qu'elle a dû peaufiner tout au long de son existence" en raison de son statut de "fille unique promise à un avenir grandiose" dans un "univers tout à fait à part".

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