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Liliane Bettencourt s'est laissé aller à quelques confidences sur sa vie et l'affaire politico-financière qui l'entoure

Interrogée sur Europe 1, elle se dit lassée des attaques de sa fille et ne veut "pas vivre dans l'adversité continuelle". L'héritière de L'Oréal ne regrette pas sa relation avec François-Marie Banier, "un homme qui sait manœuvrer"
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France Télévisions
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Liliane Bettencourt (AFP/JOEL SAGET)

Interrogée sur Europe 1, elle se dit lassée des attaques de sa fille et ne veut "pas vivre dans l'adversité continuelle". L'héritière de L'Oréal ne regrette pas sa relation avec François-Marie Banier, "un homme qui sait manœuvrer"

Elle ne parle pas souvent depuis le début de l"affaire tentaculaire qui porte désormais son nom et dont elle est devenue le centre névralgique bien malgré elle. Liliane Bettencourt a répondu sans détour aux questions de Marc-Olivier Fogiel pour Europe 1, dans une interview dévoilée lundi matin. Une première intervention après plusieurs mois de silence et après notamment avoir porté plainte pour "violences morales" contre sa fille Françoise Meyers-Bettencourt.

"Qu'on me laisse vivre", clame-t-elle sans détour. "Je ne peux pas vivre dans l'adversité continuelle." A 88 ans, L'héritière de L'Oréal ne mâche pas ses mots quand il s'agit de parler de son différend avec sa fille qui a fait une nouvelle demande de mise sous tutelle. "Elle ne me ménage pas", analyse Liliane Bettencourt. Elle explique avoir attaqué sa fille car elle ne pouvait "pas faire autrement. Je ne savais plus quoi faire (mais) je suis prête à la bagarre," lâche-t-elle.

François-Marie Banier "m'a fait du bien"

Elle compare cela à un harcèlement. "Parce qu'elle n'a rien d'autre de mieux à faire. Je ne sais pas si c'est son propre sentiment, analyse-t-elle. Harceler, c'est emmerdant. Je ne sais pas si elle est assez zinzin pour continuer". Pour elle, une explication à l'attitude de sa fille: "Je la dérange évidemment. Pour faire des choses dans la vie, il faut avoir de la force. Je ne suis pas sûre qu'elle ait cette force."

Et quand M-O.Fogiel lui demande si elle ne pense pas que sa fille agit pour son bien, elle n'y va pas à la légère: "Qu'on me laisse vivre!" Et quand on lui parle de sa relation avec François-Marie Banier, le ton se fait plus léger. Elle refuse de parler d'abus de faiblesse: "C'est ridicule. Si on m'abuse, c'est que je me laisse abuser. Tant mieux pour moi," déclare-t-elle. Désormais éloigné d'elle, le photographe garde une place à part et elle ne se montre nullement rancunière. "C'est un artiste. Il a été extrêmement drôle et vivant dans ma vie. Il m'a fait du bien. Il m"a fait comprendre aussi que le bien avait des limites".

"Je ne distribue pas l'argent comme ça"


L.Bettencourt n'estime pas avoir donné trop d'argent. "Si je pense que je lui ai trop donné, je ris. Je ne l'ai pas payé plus que d'autres, souligne-t-elle. Les autres se taisent." Mais elle reconnaît à demi-mot que son ami "hors de prix" n'a pas été totalement honnête. "C'est une bonne blague que la vie m'a faite ou que je lui ai faite. C'est un homme et je suis une femme. Je trouve qu'il est très fort car il sait manœuvrer. Il est doué. Mais je n'ai pas été au bout de la manœuvre."

Au centre d'une affaire politico-financière, elle nie avoir donné de l'argent à qui que ce soit. "Je ne distribue pas l'argent comme ça", répond-elle. "Pas la peine de s'énerver là-dessus". Mais elle admet que c'est aussi son argent qui l'a bien entourée: "L'argent, c'est tentant. Mais je suis près de mes sous et ça m'ennuie. (De toute façon) je n'ai pas beaucoup de gens que j'aime (autour de moi)."

Désireuse de montrer qu'elle a toute sa tête, elle refuse toujours l'expertise médicale car elle "n'y croit pas. Je peux avoir un mauvais raisonnement. Si je me trompe, je paie." Alors qu'elle vient de fêter son anniversaire, sans sa fille, elle attaque une nouvelle année avec un leitmotiv: "J'espère pouvoir faire face physiquement." Mais elle reste confiante. "Si je ne suis pas confiante, ce n'est même pas la peine d'essayer. La confiance, c'est déjà la moitié de la vie," conclut-elle.

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