Procès des écoutes de Liliane Bettencourt : les cinq journalistes et l'ancien majordome relaxés

Ils étaient poursuivis pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" dans ce volet de l'affaire Bettencourt.

Les journalistes de Mediapart Fabrice Arfi et Edwy Plenel, au tribunal correctionnel de Bordeaux (Gironde), le 3 novembre 2015.
Les journalistes de Mediapart Fabrice Arfi et Edwy Plenel, au tribunal correctionnel de Bordeaux (Gironde), le 3 novembre 2015. (MAXPPP)

Le tribunal correctionnel de Bordeaux (Gironde) a relaxé, mardi 12 janvier, l'ex-majordome de la milliardaire Liliane Bettencourt, Pascal Bonnefoy, et cinq journalistes. Ils étaient poursuivis pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" dans le volet dit "des écoutes" de la tentaculaire affaire Bettencourt.

Pascal Bonnefoy était poursuivi pour avoir enregistré sa patronne dans son bureau à son insu, en 2009 et 2010. Ces écoutes avaient été remises à la fille de la milliardaire, puis à la police. Le tribunal a estimé qu'il n'avait "à aucun moment bénéficié des enregistrements".

Un conflit familial qui se transforme en affaire d'Etat

En partie reproduites dans Médiapart et Le Point, puis largement relayés dans la presse, ces écoutes, révélant la santé déclinante de la milliardaire mais aussi des fraudes fiscales et des immixtions politiques, avaient fait basculer un simple conflit de famille en une affaire d'Etat.

Poursuivis pour "détention et diffusion de documents portant atteinte à l'intimité de la vie privée", le tribunal correctionnel de Bordeaux a "retenu le caractère sérieux du travail d'enquête" des journalistes. Il a notamment repris l'argument du Point selon lequel n'ont été retranscrits dans ces enregistrements que des informations relevant de l'intérêt général et pas celles d'ordre privé.