La longue journée de Nicolas Sarkozy au palais de justice

L'ancien président a été mis en examen, jeudi à Bordeaux, au terme d'une confrontation avec des membres du personnel des Bettencourt.

Le juge Jean-Michel Gentil au palais de justice de Bordeaux (Gironde), le 19 février 2013. 
Le juge Jean-Michel Gentil au palais de justice de Bordeaux (Gironde), le 19 février 2013.  (PATRICK BERNARD / AFP)

L'ancien président et le juge vont faire plus ample connaissance. Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour abus de faiblesse commis en février 2007 et courant 2007 à l'encontre de la milliardaire Liliane Bettencourt, jeudi 21 mars. Une première, au terme de cinq ans de procédure qui ont troublé sa présidence. Francetv info revient sur un long jeudi au palais de justice de Bordeaux.

Convoqués dans la plus grande discrétion

Nous sommes en début d'après-midi. Nicolas Sarkozy se trouve dans le cabinet du juge d'instruction Jean-Michel Gentil, confronté à au moins quatre membres du personnel des Bettencourt. Il y a l'ancienne femme de chambre Dominique Gaspard, l'infirmière Henriette Youpatchou et un maître d'hôtel. Mais également Pascal Bonnefoy, l'ancien majordome. Tous ont été convoqués dans la plus grande discrétion.

La confrontation entre Nicolas Sarkozy et Pascal Bonnefoy va durer trois quarts d'heure, dans une ambiance "sereine", selon l'avocat du majordome, Antoine Gillot. Thierry Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy, lui pose des questions sur des points pratiques, tels que l'emplacement des caméras de surveillance ou la tenue de l'ancien président le jour de sa visite chez les Bettencourt. 

En effet, le juge veut vérifier si l'ancien chef d'Etat s'est rendu une ou plusieurs fois chez la milliardaire pendant sa campagne présidentielle de 2007. Nicolas Sarkozy ne revendique qu'une seule date, le 24 février 2007. Et encore : comme il l'a déjà expliqué, c'était une visite de politesse, en réponse à une lettre de félicitations d'André Bettencourt après son élection à la tête de l'UMP.

En costume, en col roulé, ou les deux ? 

Invité sur RTL vendredi matin, Thierry Herzog assure que "les quatre témoins décrivent la même visite". Il ajoute que "le maître d'hôtel et le majordome (…) indiquent qu'ils travaillaient le samedi 24 février, et les deux revendiquent avec fierté avoir accueilli Nicolas Sarkozy".

Mais les témoins ne sont pas d'accord sur la tenue vestimentaire de Nicolas Sarkozy, selon les informations du ParisienCertains décrivent un costume, d'autres évoquent un col roulé. Est-ce la preuve que Nicolas Sarkozy a rencontré Liliane Bettencourt à plusieurs reprises, contrairement à ce qu'il affirme ? C'est ce qui a pu motiver le juge à ordonner sa mise en examen. Mais, pour Thierry Herzog, il est impossible que les témoins se souviennent précisément de tels détails, six ans après les faits. La confrontation avec les membres du personnel de la milliardaire se termine vers 17 heures.

Le camp de l'ancien président en ordre de bataille

Puis Nicolas Sarkozy reste encore un long moment avec le juge Gentil, dans une autre pièce du palais de justice. Cette fois, sans les témoins. Après s'être vu signifier sa mise en examen, l'ancien président quitte les lieux peu avant 22 heures, à bord d'une Renault Espace circulant à vive allure, précédée par une voiture de la police.

Nicolas Sarkozy quitte le palais de justice de Bordeaux (Gironde), le 21 mars 2013, après avoir été mis en axamen pour abus de faiblesse à l\'encontre de Liliane Bettencourt. 
Nicolas Sarkozy quitte le palais de justice de Bordeaux (Gironde), le 21 mars 2013, après avoir été mis en axamen pour abus de faiblesse à l'encontre de Liliane Bettencourt.  (PATRICK BERNARD / AFP)
Quelques minutes après, son avocat annonce qu'il va saisir "immédiatement la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux pour former un recours et demander la nullité" de la mise en examen. Nicolas Sarkozy prend l'avion pour Paris, où il convoque une réunion avec des proches. Il s'entretient aussi au téléphone avec Jean-François Copé, selon ce dernier, invité vendredi matin sur France 2. L'ancien chef d'Etat "a considéré que le traitement qui lui était infligé avait été scandaleux", résume Thierry Herzog sur RTL. Mais il est "toujours combatif".