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L'avocat de Sarkozy met en doute l'impartialité du juge

Dans un entretien au JDD, Me  Thierry Herzog estime qu'une "tribune politique" signée par le juge critiquait la politique de Nicolas Sarkozy.

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France Télévisions
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L'avocat Thierry Herzog, le 22 avril 2012 à Paris. (MAXPPP)

L'avocat Thierry Herzog, le 22 avril 2012 à Paris. (MAXPPP)

Me Thierry Herzog rappelle que le juge Gentil a signé une tribune sur les insuffisances de la lutte contre la corruption sous le mandat de Nicolas Sarkozy. "On peut se poser au minimum la question de l'impartialité de ce magistrat", déclare Me Thierry Herzog qui ne semble pas craindre d'être à son tour l'objet d'une plainte pour outrage à magistrat. Il évoque un texte qu'il n'avait jusque-là pas mentionné, une "tribune politique", "signée le juge Gentil contre Nicolas Sarkozy".

Un texte où Sarkozy n'est pas explicitement mentionné

Dans ce texte co-signé par 81 autres magistrats, le juge met en cause selon l'avocat "la politique de Nicolas Sarkozy et celle de son prédécesseur, les accusant de 'vouloir protéger les corrompus'". "Cinq jours après la signature de cette tribune, le même juge a opéré quatre perquisitions au domicile de Nicolas Sarkozy, dans son bureau, ainsi qu'au domicile de sa secrétaire", martèle l'avocat.

Le texte évoqué a été publié le 27 juin 2012 par Le Monde sous le titre "Agir contre la corruption, l'appel des juges contre la délinquance financière". Les signataires, parmi lesquels figurent notamment d'autres juges réputés, mais aussi l'Association française des magistrats instructeurs, des universitaires, des policiers, font le constat de l'échec de la lutte contre la délinquance financière durant la décennie qui s'achève. Le texte évoque le "délitement" des dispositifs de répression contre la corruption, et le "désengagement de l'Etat". Les auteurs proposent des réformes, sans cependant mentionner directement Nicolas Sarkozy.

"C'est une injure et maintenant, c'est terminé"

Par ailleurs, l'avocat revient aussi sur l'incident ayant marqué la fin de l'audition durant laquelle Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour abus de faiblesse dans l'affaire Bettencourt. Après neuf heures de confrontation le juge a "signifié à Nicolas Sarkozy qu'il était témoin assisté pour les faits d'abus de faiblesse de 2008 et de recel de janvier et février 2007, mais mis en examen pour abus de faiblesse pour des faits 'commis en février 2007'", explique Me Herzog.

"Nicolas Sarkozy lui a répondu que c'était une 'grande injustice'. Le juge Gentil lui a rétorqué violemment que son propos était injurieux. Nicolas Sarkozy a répondu 'non, c'est une injustice et j'ai la liberté de dire et de penser ce que je veux'. Le juge a ajouté : 'C'est une injure et maintenant, c'est terminé'. Nicolas Sarkozy a dit 'non, ce n'est pas terminé', signifiant ainsi que comme tout un chacun il userait des voies de recours", déclare l'avocat. Selon une source proche de l'affaire interrogée par l'AFP ces propos ont été ressentis par le magistrat "comme une menace". Il a voulu "faire acter par sa greffière, mais Me Thierry Herzog, l'avocat de M. Sarkozy, s'y est opposé de façon forte".

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