Affaire Bettencourt : le juge Gentil envisage de porter plainte contre Henri Guaino

L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy avait estimé que le juge "déshonorait la justice" en mettant en examen l'ancien chef de l'Etat.

Le juge d\'instruction Jean-Michel Gentil, le 19 février 2013 à Bordeaux (Gironde).
Le juge d'instruction Jean-Michel Gentil, le 19 février 2013 à Bordeaux (Gironde). (PATRICK BERNARD / AFP)

Le juge d'instruction Jean-Michel Gentil, qui a mis en examen Nicolas Sarkozy jeudi pour "abus de faiblesse" dans le cadre de l'affaire Bettencourt, envisage de porter plainte pour "outrage" ou injure après les propos tenus par le député UMP Henri Guaino, a annoncé samedi 23 mars son avocat. L'ancien conseiller politique de Nicolas Sarkozy a estimé vendredi que le magistrat avait "déshonoré les institutions, la justice" en mettant en examen l'ancien chef de l'Etat. 

Le juge Gentil "ne compte pas en rester là", a déclaré Me Rémi Barousse sur BFM TV. "J'ai été saisi pour une éventuelle plainte pour injure ou pour outrage à magistrat (...) Je considère que dans un Etat de droit les décisions de justice doivent être respectées, on peut les critiquer, il y a des voies légales, des voies de recours". Comme tout citoyen, le juge Gentil "n'a pas à être injurié, selon Me Barousse, il n'a pas à être outragé et il a le droit de saisir la justice pour se plaindre, notamment pour injure ou outrage à magistrat puisqu'il a été outragé dans le cadre de l'exercice de ses fonctions."

"Ce n'est pas un magistrat illuminé"

L'avocat s'est dit surpris par "l'outrance des réactions à cette décision." "Jean-Michel Gentil n'est pas seul dans son instruction, c'est une instruction collégiale, ils sont trois magistrats à suivre le dossier", a-t-il dit. "Ce n'est pas un magistrat seul, illuminé, animé d'une hargne particulière qui a pris cette décision. C'est un collège de trois magistrats après de précautions nombreuses."

Les déclarations de plusieurs membres de l'UMP ont suscité l'indignation des syndicats de magistrats. La ministre de la Justice Christiane Taubira a pour sa part regretté "tout propos qui porterait atteinte à l'honneur des juges" et a assuré les magistrats de son soutien.