A Aulnay-sous-Bois, Hollande en appelle à la "levée en masse"

Journée de mobilisation marathon autour de Paris pour François Hollande. Trappes, Les Ulis, Clichy-sous-Bois, Aubervilliers et pour finir un meeting à Aulnay-sous-Bois, sur un ton très offensif. Les étapes n'ont pas manqué à 15 jours du premier tour.

François Hollande à Aubervilliers
François Hollande à Aubervilliers (pierre Magnan)

Journée de mobilisation marathon autour de Paris pour François Hollande. Trappes, Les Ulis, Clichy-sous-Bois, Aubervilliers et pour finir un meeting à Aulnay-sous-Bois, sur un ton très offensif. Les étapes n'ont pas manqué à 15 jours du premier tour.

Envoyé spécial. Journée de mobilisation à 15 jours du premier tour de la présidentielle pour le candidat socialiste venu "dans des quartiers qui ont massivement voté en 2007".

Symbole de cette volonté de mobiliser l'électorat, populaire notamment, François Hollande a appelé samedi soir 7 avril à Aulnay-sous-Bois, "à la levée en masse", comme aux plus beaux jours de la Révolution française. Une levée en masse des électeurs "pour le redressement", pour une "dynamique du 22 avril".

La crainte de l'abstention a été au coeur des déplacements du député de Corrèze ces deux derniers jours. "Je viens dans ces quartiers pour leur dire que l'élection les concerne directement. Je ne peux supposer que dans les banlieues, il y a plus d'indifférence que dans d'autres villes. Ici, il y a plus de volonté de changement", a-t-il répété aux très nombreux journalistes qui l'accompagnaient.

Cette volonté de mobiliser intervient alors que les sondages semblent marquer un palier au premier tour pour François Hollande et que les interrogations sont nombreuses sur la participation.

Le candidat PS a voulu défendre l'idée que la politique pouvait apporter "le changement' même si "la politique a été abimée par tant de promesses qui n'ont pas été tenues depuis 5 ans et sans doute davantage". "Toute ma campagne, a-t-il ajouté, c'est de convaincre que le changement est souhaitable et possible" pour l'emploi, la solidarité, le logement, la création d'entreprises.

"L'abstention c'est toujours un risque"

Lors du meeting à Aulnay qui a rassemblé quelque 2000 partisans, un François Hollande particulièrement en verve et offensif, a appelé les jeunes à prendre leur destin en main. "Une voix de patron du Cac 40 vaut autant que celle d'un jeune des quartiers", a-t-il lancé à la foule. "Et vous êtes plus nombreux", a-t-il ajouté.

"L'abstention c'est toujours un risque", a-t-il répété, pointant un éventuel danger lors des élections. "Je fais en sorte de convaincre tous les Français de venir aux urnes", a reconnu le candidat socialiste.

Dans son discours d'Aulnay, le candidat socialiste a évoqué une réforme de la carte scolaire "pour lutter contre les discriminations". Il a parlé de la politique urbaine. "Dans la République que je veux, je refuse qu'il y ait du ghetto — du ghetto pour les riches et du ghetto pour les pauvres. Je veux de la mixité, je veux de l'échange, je veux du partage".

Il a défendu des transports en commun dont les tarifs seraient modulables en fonction du revenu et une "allocation d'études" sous condition de ressources et même des moyens pour financer le permis de conduire.

"Nicolas Sarkozy est mal placé"

Campagne oblige, le candidat socialiste, interrogé, a réagi aux attaques du chef de l'Etat. "Nicolas Sarkozy est bien mal placé pour faire la leçon à qui que ce soit" a répondu Hollande en égrenant les chiffres des déficits du quinquennat passé.

"Il viendrait nous dire qu'il pourrait être une solution pour la France" lui qui "a été un problème pour la France", a-t-il lancé. "C'est sous sa direction que la France a perdu son triple A, qu'elle a été dégradée. Quand on a été dégradé, on ne vient pas remettre des médailles de gestion ou des mauvaises notes", a-t-il ajouté.

Autre lieu, autre attaque. Lors du meeting, il a directement visé les propos de Nicolas Sarkozy sur l'"apparence musulmane" en affirmant "je ne devine pas votre religion à votre visage".

"Je viendrai régulièrement dans les quartiers"

Lors de sa tournée, le candidat Hollande a tour a tour évoqué le droit des femmes (nom du ministère qu'il recrééra, a-t-il annoncé) avec des femmes des Ulis, la question de la ville avec des associations à Clichy-sous-bois, les problèmes de santé et d'accès aux soins à Aubervilliers.

Aux Ulis, il a été accueilli par de nombreux jeunes, mais aussi des habitants du quartier, venus l'écouter à la Maison pour tous. Au milieu de la forêt de micros et de caméras, le candidat a tenu à saluer les habitants, entrant dans les commerces, serrant les mains, écoutant les demandes des personnes croisées.

A chacune de ses étapes, M.Hollande a répété qu'il pouvait lui venir dans ces quartiers sans policiers ou CRS. Claire allusion aux difficultés de Nicolas Sarkozy à venir en banlieue. "Si je devenais président , moi je viendrais régulièrement dans les quartiers, les villes", a affirmé l'encore député de Corrèze.

Appel à la jeunesse

François Hollande, qui a parcouru plusieurs départements de la banlieue parisienne, a parlé à plusieurs reprises de la Seine-Saint-Denis comme le département le plus jeune de France.

Lors de son discours à Aulnay, il a lancé à la foule : "je crois en vous qui êtes encore à l'âge où tout peut être possible, où tout peut être regardé comme une nouvelle frontière que l'on aurait à déplacer. Je veux vous dire que dans ce moment si grave pour notre pays, nous pouvons mobiliser tant d'atouts, tant de chances, tant de leviers que jamais nous ne pouvons regarder l'avenir comme une inquiétude. L'avenir, c'est ce que nous allons construire ensemble. Le rêve français, c'est de faire votre génération, celle qui vient, va vivre mieux que nous".

"Alors la question que je vous pose maintenant, à 15 jours : avez-vous la volonté du changement ? (Oui répond la foule) Etes-vous prêts pour le changement ? (Oui, hurle-t-elle) Voulez-vous être le changement en marche ? (Oui !) Alors, je vous l'annonce, le changement arrive ! Il vient ! Il est devant nous ! Ce sera le 22 avril ! Ce sera le 6 mai !".

Rendez-vous est pris.

Militantes du MJS aux Ulis
Militantes du MJS aux Ulis (Pierre Magnan)