68% des électeurs du FN expriment un vote d'opposition à Hollande (sondage)

Quel intérêt les électeurs portent-ils aux élections régionales, quelles sont les motivations de leur vote, les enjeux de société prioritaires pour eux. Et quelle attitude espèrent-ils des partis au second tour en cas de triangulaire ? L’institut Ipsos Sopra Steria a mené l’enquête pour Radio France et France Télévisions.

(Photo d'illustration © Maxppp)

Ces élections régionales 2015 suscitent l’intérêt d’une majorité des électeurs interrogés : 59% se disent intéressés par ce scrutin, contre 41% qui ne le sont pas.

Mais les motivations varient. Pour 41% des électeurs, leur vote est d’abord un vote sanction contre la politique de François Hollande, contre 13% qui soutiennent le chef de l'Etat par ce vote. Pour 46% des personnes interrogées, il ne s’agit ni d’un vote sanction, ni d’un vote de soutien.

Les électeurs qui envisageaient de voter pour le FN au moment de l’enquête sont 68 % à le faire pour exprimer leur opposition à François Hollande et 32 % seulement à le faire indépendamment d’un vote sanction. On est loin d’un vote d’adhésion massif au Front national. A noter que 60% des électeurs LR/UDI/MODEM entendent eux aussi marquer leur opposition à l’exécutif en place.

Sans surprise, le vote de soutien au chef de l’Etat est le plus important chez les électeurs PS/PRG, à 55% contre seulement 14% chez ceux d’EELV et alliés et 13% chez ceux du FG.

Les enjeux nationaux et régionaux qui guident le vote 

Parmi les enjeux nationaux qui déterminent le vote des Français interrogés, arrive en tête le chômage à 44%, suivi juste derrière par la menace terroriste à 32%, l’insécurité et la délinquance à 30%, et l’immigration à 29%. La santé (10%), la justice (7%) et le logement (3%) arrivent en fin de tableau. Quant à l’environnement, seulement 14% des personnes interrogées en font leur enjeu prioritaire au moment de glisser leur bulletin dans l’urne.

En tête des enjeux régionaux du vote, le développement économique et l’emploi arrivent en tête à 49%, suivi par l’évolution des impôts locaux à 42%, la sécurité des biens et des personnes au niveau local (32%), le maintien des services publics de proximité (31%) et l’immigration au niveau local (30%). Arrivent loin derrière, les transports régionaux (15%) et la construction et l’entretien des lycées (6%) qui sont pourtant des compétences phares des régions. L’offre culturelle et de loisirs arrive en fin de tableau (5%). 

En cas de triangulaire au second tour

Dans le cas où la gauche arriverait en troisième position et le FN en tête au premier tour, 56% des personnes interrogées estiment qu’elle devrait se retirer au profit de la droite au second tour, contre 44% qui pensent qu'elle devrait se maintenir.

Dans le cas où la droite se retrouverait en troisième position et le FN en tête au premier tour, 52% des personnes interrogées souhaitent qu’elle se maintienne malgré tout au second tour, contre 48% qui voudraient qu’elle se retire au profit e la gauche.

 

51% des électeurs interrogés seraient opposés à une fusion des listes de gauche et de droite pour faire barrage au Front national, contre 49% qui y seraient favorables.

Ils sont en revanche beaucoup plus nombreux, 88%, à être favorables, à l’issue du 1er tour, à une fusion des autres listes de gauche avec celle du Parti socialiste pour le second tour. 43% y sont opposés.

L’impact des attentats 

Une majorité des personnes interrogées (58%) dit ne pas faire confiance à François Hollande et au gouvernement pour prendre dans les semaines et mois qui viennent les bonnes décisions face aux attentats survenus le 13 novembre, contre 42% qui disent avoir confiance.

Si Les Républicains (ex UMP) et l’UDI étaient au pouvoir, ils sont 71% à penser qu’il ne ferait ni mieux ni moins bien que le gouvernement en matière de lutte contre le terrorisme

Si Le Front National était au pouvoir, 39% des personnes interrogées pensent qu’il ne ferait pas mieux ni moins bien que le gouvernement, 27% estiment qu’il ferait mieux.

 

Enquête réalisée entre le 29 novembre et le 2 décembre auprès de 8053 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française inscrite sur les listes électorales.