457 djihadistes français sont actuellement en Syrie et en Irak

Le ministre de l'Intérieur est entendu ce mardi par les députés de la commission sur les filières djihadistes. Bernard Cazeneuve a donné les derniers chiffres officiels : 457 Français sont partis en Syrie ou en Irak dont 137 femmes et 80 mineurs. 320 seraient en transit vers cette zone de combat.

(Bernard Cazeneuve, entendu par la commission sur les filières djihadistes © MaxPPP)

Après plusieurs mois de travail, la commission parlementaire sur les filières djihadistes prépare ses conclusions et entend ce mardi, pour la dernière fois, le ministre de l'Intérieur sur le sujet. Il s'agit d'avoir "les derniers chiffres officiels, les plus précis possibles" , a expliqué Eric Ciotti en début de séance.

457 Français sont partis en Irak et en Syrie, en grande partie des jeunes. D"une manière générale, on estime que 1.600 Français sont impliqués, d'une manière ou d'une autre, dans les filières irako-syriennes, a indiqué Bernard Cazeneuve.

Parmi eux, le ministère compte 137 femmes et 80 mineurs. Par ailleurs, 320 Français seraient en transit vers cette zone de combat et 521 auraient "manifesté des velléités de départ ". "105 Français sont morts en Irak et en Syrie, dont huit dans des opérations suicides" , a expliqué le ministre de l'Intérieur. Et deux autres sont détenus en Syrie.

213 personnes parties en Syrie et Irak sont revenues en France

Les chiffres distinguent les "combattants" et les "impliqués" (qui tiennent compte de ceux qui ne sont pas partis mais en auraient l'intention). "Le nombre global est donc passé de 655 à 1683, c'est une augmentation de 203% depuis le 1er janvier 2014. Le nombre total de combattants est passé de 224 à 457, soit une augmentation de 104%."

Les candidats sont principalement originaires de six régions : Ile-de-France, Rhône-Alpes, PACA, Languedoc-Roussillon, Nord-Pas-de-Calais et Midi-Pyrénées.

Il y a également ceux qui ont changé d'avis et ont finalement quitté la zone. Cela représente 278 personnes, dont 213 sont rentrées en France.

Des moyens renforcés pour le renseignement

Depuis avril 2014, une plateforme téléphonique nationale permet notamment aux familles de signaler des cas de radicalisation. Elle a permis de rassembler 1.900 signalements, soit la moitié des dossiers traités par les renseignements.

"Il existe un continuum de radicalisation. Je pense à la porosité très visible entre délinquance et terrorisme, qui exige de notre part des réponses nouvelles et adaptées" , constate Bernard Cazeneuve. Le gouvernement travaille depuis plusieurs mois sur un plan de lutte contre le djihadisme. le premier volet : "renforcer les moyens des services de surveillance. D’ici fin 2016, 1.400 emplois seront créés au ministère de l’Intérieur dont 1.100 pour le renseignement intérieur."

Des procédures de plus en plus nombreuses

Depuis le 1er janvier 2014, 138 procédures judiciaires concernant 673 personnes sont en cours pour des activités liées au terrorisme. 272 personnes ont été interpellées, 161 mises en examen, 111 écrouées et 12 mandats d’arrêt internationaux ont été délivrés.

69 interdictions de sortie du territoire ont été prononcées à l’encontre de Français soupçonnés de vouloir se rendre au Moyen-Orient. 24 interdictions administratives de territoire visent des étrangers, dix personnes ont été expulsées et 52 dossiers sont en cours d’instruction. Par ailleurs, 36 sites internet ont été bloqués pour apologie du terrorisme.