Venezuela : l'opposant Juan Guaido révoqué de son poste au Parlement et déclaré inéligible

Selon le Contrôleur général de la République, Juan Guaido ne justifie pas, dans ses déclarations de patrimoine, certaines dépenses réalisées au Venezuela et à l'étranger avec des fonds provenant d'autres pays

Le leader de l\'opposition, Juan Guaido, à Caracas, le 28 mars 2019.
Le leader de l'opposition, Juan Guaido, à Caracas, le 28 mars 2019. (FEDERICO PARRA / AFP)

Le président du Parlement vénézuélien Juan Guaido, également chef de file de l'opposition, a été révoqué jeudi 28 mars de son poste. Il a été déclaré inéligible durant 15 ans pour corruption présumée, ont annoncé les autorités vénézuéliennes. "Ça, c'est fort. C'est ridicule", a réagi le porte-parole du département d'Etat, Robert Palladino.

Le Contrôleur général de la République Elvis Amoroso, chargé de veiller à la transparence de l'administration au Venezuela, a décidé "d'interdire l'exercice de toute fonction élective au citoyen (Juan Guaido) pour la durée maximum prévue par la loi", a-t-il déclaré à la télévision d'Etat. Cette durée est de 15 ans, a rappelé le responsable de cet organisme jugé proche du pouvoir en place.  "Il n'est pas contrôleur", a rétorqué Juan Guaido. "Il n'existe pas de sanction d'inéligibilité (...) Le Parlement légitime est le seul ayant le pouvoir de désigner un contrôleur", a-t-il ajouté.

Certaines dépenses injustifiées

Selon Elvis Amoroso, Juan Guaido ne justifie pas, dans ses déclarations de patrimoine, certaines dépenses réalisées au Venezuela et à l'étranger avec des fonds provenant d'autres pays. "Il a réalisé plus de 91 voyages hors du territoire, pour un coût supérieur aux 310 millions de bolivars (quelque 94 000 dollars au taux actuel), sans justifier l'origine de ces fonds", a expliqué le Contrôleur.

Cet organisme avait annoncé le 11 février l'ouverture d'une enquête visant l'opposant. Il a demandé au parquet d'"exerces les actions correspondantes", sans plus de précision. L'ancien candidat à la présidentielle de 2013 Henrique Capriles avait été sanctionné de la même façon et déclaré inéligible, ce qui l'avait empêché de se présenter par la suite en 2018.