Venezuela. Le gouvernement déploie l'armée après la mort de Chavez

L'objectif est de "garantir la paix" dans le pays, a annoncé le vice-président Nicolas Maduro. 

Le vice-président vénézuélien Nicolas Maduro lors d\'un Conseil des ministres extraordinaire, retransmis à la télévision nationale, le 5 mars 2013.
Le vice-président vénézuélien Nicolas Maduro lors d'un Conseil des ministres extraordinaire, retransmis à la télévision nationale, le 5 mars 2013. (TELESUR / AFP)

Situation d'urgence au Venezuela. Le gouvernement a déployé mardi 5 mars l'armée et les forces de police dans le pays pour "garantir la paix", après l'annonce de la mort du président Hugo Chavez des suites d'un cancer. Les principaux chefs militaires vénézuéliens ont par ailleurs promis, lors d'une intervention télévisée, d'être loyaux au vice-président Nicolas Maduro, désigné par Hugo Chavez comme son successeur. Ils ont également assuré qu'ils respecteraient la Constitution et la volonté du défunt président. Francetv info déroule le fil de cette journée historique pour le Venezuela.

L'annonce de la mort, et le silence

"Nous avons reçu l'information la plus éprouvante et la plus tragique que nous puissions annoncer à notre peuple. A 16h25 (21h55 heure française) aujourd'hui 5 mars, est mort notre commandant président Hugo Chavez Frias après avoir combattu avec acharnement contre une maladie depuis près de deux ans." C'est ce qu'a déclaré le vice-président et héritier désigné, Nicolas Maduro, au bord des larmes, dans une allocution retransmise par toutes les chaînes de télévision du pays.

Peu après cette annonce, la capitale, Caracas, a plongé dans le silence. De nombreux commerces et l'ensemble des transports publics ont immédiatement cessé de fonctionner alors que des centaines de partisans du "comandante", visiblement incrédules, sont spontanément sortis dans la rue.

Des partisans du président vénézuélien Hugo Chavez après l\'annonce de sa mort, à Caracas, le 5 mars 2013. 
Des partisans du président vénézuélien Hugo Chavez après l'annonce de sa mort, à Caracas, le 5 mars 2013.  (CARLOS GARCIA RAWLINS / REUTERS)

L'appel à l'unité de l'opposant principal 

Sur Twitter, le chef de file de l'opposition vénézuélienne, Henrique Capriles Radonski, a appelé les Vénézuéliens à "l'unité" et a assuré de sa "solidarité" la famille du président.  

Battu par Hugo Chavez à la présidentielle d'octobre, le gouverneur du riche Etat de Miranda (nord), âgé de 40 ans, devrait endosser le rôle de candidat naturel de l'opposition pour les élections anticipées, qui devront être organisées dans les 30 jours, selon la Constitution. 

Les "ennemis historiques" de Chavez accusés de lui avoir innoculé le cancer

Quelques heures après l'annonce par le gouvernement de l'aggravation de l'état de santé du président, le vice-président Nicolas Maduro a affirmé que le cancer d'Hugo Chavez était une "attaque" des "ennemis historiques" du pays, faisant partie de tous les complots ourdis contre le chef de l'Etat depuis son arrivée au pouvoir il y a quatorze ans.

"Nous n'avons aucun doute, arrivera un moment dans l'histoire où nous pourrons créer une commission scientifique (qui révélera) que le commandant Chavez a été attaqué avec cette maladie (...), a précisé Nicolas Maduro lors d'une allocution devant la télévision d'Etat. Les ennemis historiques de cette patrie ont cherché un point faible pour atteindre la santé de notre commandant."

Hugo Chavez lui-même avait déjà évoqué en 2011 l'hypothèse que ses ennemis soient à l'origine de son cancer diagnostiqué en juin 2011, ainsi que de ceux dont souffraient d'autres dirigeants latino-américains.

Un attaché militaire américain expulsé 

C'est dans ce contexte qu'un attaché de l'armée de l'air à l'ambassade américaine de Caracas, le colonel David Delmonico, a été expulsé. Le ministère de la Défense américain a confirmé qu'il était en route vers les Etats-Unis. Il est accusé d'avoir tenté d'entrer en contact avec des membres des forces armées vénézuéliennes, afin de leur proposer "des projets de déstabilisation", selon les propos du vice-président Nicolas Maduro.

Le ministre des Affaires étrangères, Elias Jaua, a signalé plus tard que cette explusion serait suivie de celle d'un deuxième fonctionnaire, Deblin Costal. L'ambassade des Etats-Unis à Caracas a toutefois affirmé à l'AFP ne pas avoir connaissance d'un fonctionnaire portant ce nom. Selon le Venezuela, les deux hommes sont accusés d'avoir tenté de provoquer un complot militaire contre le président vénézuélien.