Face à une inflation record, le Venezuela va supprimer cinq zéros de sa monnaie

C'est le projet du président Nicolas Maduro, pour redresser l'économie exsangue du Venezuela.

Un homme compte des billets de 1 000 bolivars, sur un marché de Caracas (Venezuela), le 20 juin 2018.
Un homme compte des billets de 1 000 bolivars, sur un marché de Caracas (Venezuela), le 20 juin 2018. (FEDERICO PARRA / AFP)

Le président Nicolas Maduro a annoncé, mercredi 25 juillet, que le Venezuela allait bientôt supprimer cinq zéros de sa monnaie, le bolivar, qui a perdu toute valeur dans la crise économique qui frappe le pays. "Le 20 août démarre (...) le plan de redressement économique avec la reconversion monétaire, cinq zéros en moins", a annoncé Nicolas Maduro, au cours d'une réunion de son cabinet.

Cette déclaration intervient après la publication d'un rapport du FMI, qui prévoit que l'inflation dans le pays pourrait atteindre 1 000 000% en 2018. "Ce qui signifie que le Venezuela est dans une situation similaire à celle de l'Allemagne en 1923 ou à celle du Zimbabwe à la fin des années 2000", a commenté Alejandro Werner, un des responsables du FMI, qui, au printemps, anticipait une inflation de 13 000%.

Nicolas Maduro avait déjà annoncé l'impression de nouveaux billets avec trois zéros en moins, une mesure qui aurait dû entrer en vigueur le 4 août. La mesure annoncée mercredi par Nicolas Maduro vise, selon lui, à "faciliter les transactions financières" et à "protéger" le bolivar. "Cinq zéros de moins pour avoir (...) un nouveau système financier et monétaire stable", a déclaré le chef de l'Etat vénézuélien. Nicolas Maduro soutient que la crise économique et l'hyperinflation dans son pays sont la conséquence d'une "guerre économique" livrée par la droite vénézuélienne et les Etats-Unis pour le renverser.

A l'heure actuelle, le salaire minimum d'un Vénézuélien – 1,5 dollar au taux du marché noir, la référence de facto – lui permet à peine d'acheter un kilo de poulet. Les finances publiques, elles, sont exsangues. Le Venezuela tire 96% de ses revenus du brut. Or sa production de pétrole s'est effondrée d'au moins la moitié en un an et demi, faute de liquidités pour moderniser les champs pétroliers.