Le pape reconnaît l'existence d'un lobby gay dans la curie

Dans un entretien avec des religieux latino-américains, François a évoqué la difficulté de réformer le gouvernement de l'Eglise.

Le pape François, le 5 juin 2013 à Rome (Italie).
Le pape François, le 5 juin 2013 à Rome (Italie). (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

La confession du pape François. Selon des religieux latino-américains, le Saint-Père a reconnu la difficulté de réformer la curie romaine, évoquant un "courant de corruption" et l'existence d'un "lobby gay". La synthèse de leurs échanges est rapportée mardi 11 juin par le site catholique progressiste Reflexión y Liberación. Avant l'élection du pape François, plusieurs journaux italiens avaient évoqué l'existence d'un "lobby gay", qui serait à la fois groupe de pression et victime de chantage de prélats au Vatican.

Une liberté de parole inédite

La réforme de la curie (gouvernement de l'Eglise), voulue par "presque tous les cardinaux" lors des réunions préparatoires du dernier conclave, est une entreprise "difficile", a reconnu le pape. François a ajouté : "Dans la curie, il y a des gens saints, vraiment. Mais il y a aussi un courant de corruption""On parle de 'lobby gay', et c'est vrai, il existe. Il faut voir ce que nous pouvons faire", a-t-il encore affirmé selon ce compte-rendu.

Interrogé, le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, a souligné qu'il s'agissait d'un "entretien privé", auquel il n'était pas présent, et sur lequel il "n'avait aucun commentaire à faire" et ne pouvait "porter de jugement". Si ces propos sont authentiques, c'est la première fois qu'un pape parle aussi directement d'un problème si sensible à des hôtes extérieurs.