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Le conclave qui désignera le nouveau pape débutera le 12 mars

Cette élection unique au monde, qui permet de désigner le nouveau pape, a ses règles et ses codes bien à elle. Francetv info vous dit tout de son fonctionnement.

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Une fois élu, le successeur de Benoît XVI devra porter ces habits de pape. (ALBERTO PIZZOLI / AFP)

Une désignation à vie, sans programmes, campagne ni débats publics, sans femme candidate, sans jeunes et sans autorisation de quitter la salle : le conclave est un mode d'élection unique au monde. Au cours de ses deux mille ans d'histoire, l'Eglise catholique a modifié plusieurs fois les modalités de la désignation d'un pape avant d'en venir tardivement à la formule actuelle du conclave. Celui qui sera chargé de déterminer le successeur de Benoît XVI est fixé au mardi 12 mars, a annoncé le Vatican, vendredi 8 mars. Que va-t-il se passer à partir de cette date ? Explications.

Un collège de cardinaux électeurs

Rien dans l'Evangile ne précise comment choisir le successeur de saint Pierre, premier évêque de Rome. En 1060, l'intervention de monarques ou de grandes familles dans le choix des souverains pontifes conduit le pape Nicolas II à réagir en publiant la bulle In Nomine Domini ("Au nom du Seigneur"). Ce texte codifie durablement l'élection des papes, qui n'est désormais plus entre les mains des laïcs, mais exclusivement réservée aux cardinaux.

Le 21 novembre 1970, Paul VI définit les caractéristiques actuelles du collège électoral : l'âge limite des cardinaux électeurs est de 80 ans, et ces derniers ne peuvent pas être plus de 120. Jean-Paul II confirme ces caractéristiques en février 1996 par sa constitution apostolique Universi Dominici Gregis ("Tout le troupeau du Seigneur").

Une élection "sous clé"

Les cardinaux entrent en conclave au moins quinze jours et au maximum vingt jours après la mort ou la renonciation d'un pape. Les cardinaux passent en cortège de la chapelle Pauline à la chapelle Sixtine, où se déroule le conclave. Ensuite, les portes sont fermées et les clés retirées. Tant que le nouveau pape n'est pas désigné, interdiction de sortir. Le conclave porte donc bien son nom : en latin, cum clave signifie "fermant à clé".

Cet isolement existe depuis qu'en 1271, à Viterbe (Italie), alors que les cardinaux ne parvenaient pas à se mettre d'accord pour trouver un successeur à Clément IV, les chrétiens les ont enfermés et mis au pain sec et à l'eau pour les inciter à élire rapidement un nouveau pape. L'élu, Grégoire X, a érigé cette pratique en règle, à l'exception du régime au pain et à l'eau. Il reste toutefois interdit de parler à voix basse. S'ils souhaitent communiquer, les cardinaux doivent le faire "à haute et intelligible voix".

Aujourd'hui, des aménagements ont été réalisés au Vatican afin d'assurer l'isolement des cardinaux électeurs, mais aussi pour leur permettre de vivre avec un minimum de confort pendant la durée du conclave. La BBC rappelle par exemple que jusqu'en 1978, les cardinaux se soulageaient dans des pots de chambre. Le site Catholic News (en anglais) croit savoir que depuis, des toilettes chimiques ont été installées. Dans l'histoire récente, les conclaves n'ont jamais duré plus de quelques jours.

Un scrutin aux règles strictes

Les opérations de vote se déroulent dans la chapelle Sixtine, avec deux scrutins le matin et deux le soir. La majorité est fixée aux deux tiers des suffrages. A chaque fois, les bulletins de vote sont brûlés dans un premier poêle. Les cardinaux n'ont pas le droit de voter pour eux, et doivent, à tour de rôle, prêter le serment de respecter le secret du vote et d'en accepter le résultat. Ils jurent également que celui d'entre eux qui sera élu ne renoncera jamais à revendiquer la plénitude des droits du pontife romain.

Des ouvriers installent les deux poêles dans la chapelle Sixtine, au Vatican, le 7 mars 2013. (OSSERVATORE ROMANO / REUTERS)

Jean-Paul II a prévu qu'en cas d'impasse, un vote à la majorité absolue soit possible. En juin 2007, Benoît XVI a rectifié cette possibilité, rétablissant la nécessité pour le pape élu d'obtenir au moins les deux tiers des voix. Lorsque ce résultat est atteint, le doyen des cardinaux demande aussitôt à l'élu s'il accepte la charge – la Constitution apostolique le prie "de ne pas se dérober" et "de se soumettre humblement à la volonté divine". Si c'est le cas, celui-ci devient pape sur le champ et sa juridiction s'étend immédiatement sur les catholiques du monde entier. Le nouveau pape doit alors dire quel nom il choisit.

Pendant le déroulement des scrutins, un second poêle installé dans la chapelle Sixtine informe la foule des fidèles traditionnellement rassemblée sur la place Saint-Pierre du résultat des votes. Si la fumée est noire, il n'y a pas d'élu. Si la fumée est blanche, un nouveau pape a été désigné.

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