"En démissionnant, Benoît XVI évite une succession brutale"

Francetv info a interrogé Philippe Levillain, historien spécialiste de la papauté, après la soudaine démission de Benoît XVI.

Le pape Benoît XVI salue la foule lors de la rencontre européenne de la communauté de Taizé, place Saint-Pierre (Vatican), le 29 décembre 2012.
Le pape Benoît XVI salue la foule lors de la rencontre européenne de la communauté de Taizé, place Saint-Pierre (Vatican), le 29 décembre 2012. (ALBERTO PIZZOLI / AFP)

L'annonce de la démission de Benoît XVI, lundi 11 février, a surpris tout le monde. Pour tenter d'en savoir davantage sur les raisons qui ont poussé le pape à un tel choix, francetv info a interrogé Philippe Levillain. Professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris-X Nanterre, il a dirigé de nombreux colloques consacrés au Saint-Siège. En 2008, il a publié Le Moment Benoît XVI aux éditions Fayard.

Francetv info : Quelles peuvent être les raisons de la démission de Benoît XVI ?

Philippe Levillain : Benoît XVI est très affaibli et fatigué, et ce depuis un certain temps. En 2008, déjà, il avait pris quelques jours de repos en Australie avant les Journées mondiales de la jeunesse. Il craint peut-être maintenant une mort inopinée. En démissionnant ainsi, il évite une succession brutale.

Est-ce une première ?

Non. A la fin du XIIIe siècle, le pape Célestin V avait été élu pape contre son gré, et avait démissionné au bout de quelques semaines pour retourner vivre dans son monastère. Ces deux situations n'ont donc pas grand-chose en commun.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Exactement la même chose qu'après un décès. La procédure sera simplement moins hâtive. Une fois que le pape aura démissionné, le doyen du Collège des cardinaux, Angelo Sodano, tiendra le gouvernement de l'Eglise, comme l'avait fait le cardinal Ratzinger, l'actuel pape, en 2005. L'élection d'un nouveau pape interviendra trois semaines après sa démission effective, le 28 février.

Existe-t-il déjà un favori pour succéder à Benoît XVI ?

Pas pour l'instant. J'imagine bien un Italien prendre sa suite. Je ne crois pas à la possibilité de l'élection d'un pape africain, ce serait vraiment une grande surprise. Quoi qu'il en soit, je pense qu'après sa démission, Benoît XVI se retirera, sans doute en Allemagne, pour prendre du repos et se soigner.