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Le Vatican, un Etat presque comme les autres

Le Pape est un chef religieux et un chef d’Etat, celui du Vatican. Un Etat de 44 hectares dont la monnaie est l’euro. Un pays considéré comme un «Etat observateur» à l'ONU. Et comme tout pays, le Vatican dispose de son drapeau, de sa défense et même de son adresse internet.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié
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Vue d'une partie du Vatican ─ la place et la basilique Saint-Pierre ─ dans Rome. (POLIZIA MODERNA / AFP)
L’Etat de la Cité du Vatican est le plus petit Etat indépendant du monde tant par son nombre d’habitants que par son étendue territoriale. Il est délimité par ses murs, mais aussi, sur la place Saint-Pierre, par la bande en travertin qui relie les deux ailes de la colonnade. Le Vatican compte presque 800 habitants, dont 450 environ jouissent de la nationalité vaticane.

Pas de langue officielle : dans les faits, l’italien en a le statut, mais le latin demeure la langue de l’Eglise, alors que le français conserve le privilège de langue officielle dans les communications avec certains organismes internationaux.

Signature des accords du Latran avec à gauche le cardinal Gasparri et à droite B.Mussolini (11 février 1929) (AFP)

Une monarchie absolue
L’Etat pontifical a été défini lors des accords de Latran, passés entre l’Eglise et l’Italie mussolinienne en 1929.
 
«La forme de gouvernement par lequel est régi l’Etat est la monarchie absolue. Le chef de l’Etat est le Souverain Pontife auquel revient l’ensemble des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires», écrit le site du Vatican. Le souverain pontife, élu par les cardinaux qui n’ont pas atteint l’âge de 80 ans, devient souverain de l’Etat, au moment même de l’acceptation de son élection comme pontife.
 
L’exercice du pouvoir exécutif est confié au cardinal président de la Commission pontificale pour l’Etat de la Cité du Vatican ; dans cette fonction, il porte le nom de «président du Gouvernatorat».

Pendant la vacance de siège, les pouvoirs sont déférés au collège des cardinaux. Le pouvoir législatif est exercé non seulement par le souverain pontife, mais en son nom, par une commission composée d’un cardinal président et d’autres cardinaux, nommés pour cinq ans.

Une diplomatie
Le Saint-Siège et l’Etat de la Cité du Vatican ont adhéré (mais parfois avec réserve) à de nombreuses conventions internationales dont la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, la Convention internationale sur les droits de l’enfant, la Convention de Genève (pour améliorer en temps de guerre la condition des blessés et des malades)...

Le Saint-Siège est représenté auprès de nombreuses organisations comme l'ONU, la FAO, ou l'UNESCO). Il est membre de certaines autres comme l' AEIA (l’Agence Internationale pour l’énergie atomique) ou l’OMT (Organisation mondiale pour le Tourisme).

Le Vatican accueille des ambassadeurs «auprès du Saint-Siège» du monde entier et est lui-même représenté par des «nonces apolistiques» dans les grandes capitales.
Un garde suisse domine une nuée de cardinaux (AFP/PATRICK HERTZOG / AFP)

Une défense
La sécurité du pape et de l’Etat revient d’une part au corps des gardes Suisses, fondé en 1506, et dont les membres portent un uniforme qui aurait été dessiné par Michel-Ange, dit-on. La sécurité est assurée aussi par le corps de la gendarmerie qui s’occupe de tous les services de police et de sécurité de l’Etat.

Une partie de la sécurité ─ sur la place Saint-Pierre ─ est assurée par la police italienne.

Un budget
Comme tout Etat qui se respecte, le Vatican a son budget. Un budget aujourd'hui public. L'histoire veut que ce soit après le scandale de la banque Ambrosiano en 1982 que le pape a décidé que désormais la comptabilité du Vatican serait publique. Pas très simple cependant de s'y retrouver, les comptes de l'Etat se divisant en deux parties, une pour le Saint-Siège, l'autre pour le Gouvernorat, qui gère l’Etat de la Cité du Vatican.

Les derniers comptes publiés par le Vatican en 2012 étaient dans le rouge de 15 millions d'euros. Un déficit dû «aux tendances négatives des marchés financiers», a précisé le Bercy local dans un langage joliment technocratique.

Parmi les principales dépenses, le «Conseil cardinalice pour l’étude des problèmes organisationnels et économiques du Saint-Siège» met en avant les salaires de ses 2.832 employés et ses dépenses de communication.
Dessin de Michel Ange à la Chapelle Sixtine au Vatican, "dieu créant l'homme" (AFP/Patrice Schmidt / MUSEE D'ORSAY / RMN-Grand Palais)

Côté recettes, l'état pontifical peut compter sur les entrées dans ses musées (plus de 5 millions en 2010), les deniers de Saint-Pierre (dons effectués par les diocèses) et les fruits des placements financiers.

«Les cardinaux n’ont pas manqué de saluer l’apport généreux des fidèles et des institutions ecclésiastiques, d’autant plus méritoire en ces temps de crise. Ils ont aussi réaffirmé leur objectif de réduction des dépenses sans sacrifier des postes de travail. Un aspect essentiel à leurs yeux», précise le Vatican.

Reste que les sommes en jeu dans ces budgets publics sont très limitées ─ correspondant à une collectivité territoriale française très moyenne ─ et ne représentent pas, et de loin, les richesses réelles et supposées de l'Eglise catholique.

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