Gros trou d'air à Wall Street alors que les craintes d'une récession grandissent

Le Dow Jones a perdu 3,05% hier, à la Bourse de New York. Pour la première fois depuis douze ans, la courbe des taux d'intérêt sur les bons du Trésor américain s'est inversée brièvement, faisant craindre l'arrivée d'une récession aux Etats-Unis.

Des traders à la clôture de NYSE, le 12 août 2019 à Wall Street, à New York.
Des traders à la clôture de NYSE, le 12 août 2019 à Wall Street, à New York. (JOHANNES EISELE / AFP)

Douche froide sur les marchés. Wall Street a lourdement chuté mercredi 14 août dans un climat d'incertitude pour l'économie mondiale. Selon des résultats provisoires à la clôture, le Dow Jones a cédé 3,05% à 25 478,50 points et le Nasdaq a reculé de 3,04% à 7 772,69 points. Les Bourses européennes ont également subi ce contrecoup : le CAC 40 a perdu 2,08% à Paris, le Dax a reculé de 2,19% à Francfort et le FTSE 100 a cédé 1,32% à Londres.

Face aux tensions commerciales entre Washington et Pékin, au piétinement des croissances chinoise et européenne, les investisseurs ont délaissé le marché des actions au profit de valeurs jugées plus sûres, comme l'or et les obligations d'Etat.

Inversion de la courbe des taux

Surtout, pour la première fois depuis douze ans, la courbe des taux d'intérêt sur les bons du Trésor américain s'est inversée brièvement, faisant craindre l'arrivée d'une récession aux Etats-Unis, même si pour l'instant la première économie mondiale se porte bien. 

Une courbe des taux inversée signifie qu’il coûte moins cher d’emprunter à long terme que d’emprunter à court terme, précise le site New Trading. Un phénomène peu "rationnel", si l'on estime que l'argent prêté sur de longues années expose en effet l’investisseur à davantage de risques, donc son rendement devrait dépasser celui de l’argent prêté sur de courtes périodes. Ce phénomène est craint par les investisseurs comme un signe historiquement avant-coureur de récession.

Menaces de Donald Trump envers la Chine

"Je pense qu'une récession est de plus en plus probable", a affirmé en début de semaine l'économiste en chef pour Moody's Analytics. "Les risques qu'une récession intervienne entre maintenant et la fin de 2020 sont un peu supérieurs à 50% si le président (Trump) met ses menaces sur les tarifs douaniers à exécution", a-t-il ajouté.

L'administration américaine a annoncé, mardi, qu'elle reportait à la mi-décembre l'application de tarifs douaniers supplémentaires sur certains produits fabriqués en Chine, initialement prévue pour le 1er septembre. Une récente note d'économistes de Bank of America a aussi pointé une augmentation des risques de récession, vue désormais comme probable à 33% au lieu de 20% auparavant.