"Si vous n'êtes pas heureuses ici, vous pouvez partir !" : accusé de racisme, Trump maintient ses propos sur quatre élues démocrates

Le président des Etats-Unis cible, sans les nommer, quatre élue à la chambre des Représentants, toutes issues de minorités.

Le président américain Donald Trump s\'exprime dans le jardin de la Maison Blanche à Washington, le 15 juillet 2019.
Le président américain Donald Trump s'exprime dans le jardin de la Maison Blanche à Washington, le 15 juillet 2019. (LEAH MILLIS / REUTERS)

Les critiques n'ont pas dissuadé Donald Trump, bien au contraire : le président des Etats-Unis a maintenu ses propos à l'encontre de quatre élues démocrates issues des minorités. "Si vous n'êtes pas heureuses ici, vous pouvez partir !", a-t-il lancé lundi 15 juillet depuis la Maison Blanche, avant de réitérer son propos sur Twitter. Dimanche, sur Twitter, il les avait appelées à "retourner dans [les] endroits (...) dont elles viennent".

"Ce groupe de quatre personnes (...), elles se plaignent constamment", a insisté Donald Trump lundi. "Ce sont des gens qui haïssent notre pays. Elles lui vouent une haine viscérale. (...) Elles peuvent partir si elles veulent".

Interrogée par une journaliste sur le fait que ses tweets sur les origines de ces quatre élues aient été jugés racistes, Donald Trump ne les a pas reniés :  "Cela ne me dérange pas car beaucoup de gens sont d'accord avec moi", a-t-il répondu, tout en contestant toute connotation raciste.

"Nous ne serons jamais un pays socialiste ou communiste", a insisté Donald Trump quelques heures plus tard dans une nouvelle série de tweets, accusant ses cibles d'être "anti-Israël, pro al-Qaïda", d'avoir tenu des propos ambigus sur le 11 septembre et de vouloir ouvrir les frontières des Etats-Unis.

Quatre élues particulièrement visées

Il vise un groupe de quatre élues à la Chambre des représentants : Alexandria Ocasio-Cortez, 29 ans, dont la mère est originaire du territoire américain de Porto Rico ; Ayanna Pressley, 45 ans, qui est noire-américaine ; Rashida Tlaib, 42 ans, née de parents palestiniens ; et Ilhan Omar, 36 ans, née en Somalie et arrivée aux Etats-Unis comme réfugiée lorsqu'elle était enfant, la seule du groupe à être née hors du pays.

Lundi, elles ont tenu une conférence de presse commune, durant laquelle Ilhan Omar a notamment accusé Donald Trump de promouvoir les idées des nationalistes blancs. "On ne nous fera pas taire", a lancé Ayanna Pressley.

Positionnées sur l'aile gauche du parti démocrate, ces élues ont notamment dénoncé de façon virulente, ces dernières semaines, les conditions de détention des migrants dans les centres de rétention américains. "Les centres des détention ne sont pas des camps de concentration !", a écrit Donald Trump lundi, répondant à leurs critiques.

Des critiques chez les Républicains

Les propos de Donald Trump ont provoqué un tollé dans une partie de la classe politique. Côté démocrate, la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, dont les relations avec ces quatres élues sont pourtant très tendues, a dénoncé des commentaires "xénophobes" visant à "diviser notre nation". Lundi, elle a appelé les élus à voter une motion devant la Chambre condamnant les propos présidentiels.

Rompant avec le silence des élus républicains, la sénatrice du Maine Susan Collins a estimé que le tweet du président était "totalement déplacé et devrait être retiré". Son homologue de Caroline du Sud Tim Scott, qui est noir, et lui aussi républicain, a dénoncé des propos à "connotation raciste (...) inacceptables".