Présidentielle américaine : unis contre Donald Trump, les candidats démocrates exposent leurs divisions lors d'un nouveau débat

Dix-sept candidats sont toujours en lice pour l'investiture démocrate, dont dix ont débattu en direct mercredi à la télévision. 

Les candidats aux primaires démocrates Pete Buttigieg, Elizabeth Warren et Joe Biden, lors d\'un débat télévisé à Atlanta, en Géorgie (Etats-Unis), le 20 novembre 2019. 
Les candidats aux primaires démocrates Pete Buttigieg, Elizabeth Warren et Joe Biden, lors d'un débat télévisé à Atlanta, en Géorgie (Etats-Unis), le 20 novembre 2019.  (ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Les démocrates restent profondément divisés, à moins d'un an de l'élection présidentielle américaine. Les candidats aux primaires du parti se sont de nouveau opposés entre modérés et progressistes mercredi 20 novembre, lors d'un débat télévisé pour l'élection organisé à Atlanta, en Géorgie (Etats-Unis). 

Tous portés par la volonté brûlante de battre le président républicain Donald Trump en novembre 2020, 17 candidats sont en lice pour l'investiture démocrate, dont dix débattaient en direct mercredi à la télévision. 

Un peloton de tête s'est nettement dégagé ces derniers mois, avec en tête Joe Biden (30%), suivi d'Elizabeth Warren (18%) et de Bernie Sanders (17%), selon la moyenne établie par le site RealClearPolitics. Pete Buttigieg arrive en quatrième place, avec seulement 8%. Malgré leur union contre Donald Trump, menacé par une procédure de destitution, ces quatre grands candidats ont nettement exposé leurs différends, Joe Biden et Pete Buttigieg critiquant le programme plus à gauche des sénateurs Elizabeth Warren et Bernie Sanders.

Vif débat sur l'assurance maladie

Les projets de réforme de ces candidats plus progressistes vers un système universel de santé "ne sont pas la bonne approche pour rassembler les Américains", a lancé Pete Buttigieg, benjamin de la course âgé de 37 ans. L'ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, a quant à lui martelé qu'"en ce moment, la vaste majorité des démocrates ne soutient pas" une telle réforme. La sénatrice Elizabeth Warren a défendu ses propositions, en affirmant que la meilleure façon de "rassembler" était de "construire une Amérique qui fonctionne pour tous, pas juste pour les riches".

Alors que le débat était organisé en Géorgie, un Etat à forte population noire, Pete Buttigieg a été interpellé sur son soutien très faible parmi les Noirs, qui votent en vaste majorité pour les démocrates. Après l'avoir critiqué cette semaine, la sénatrice noire Kamala Harris a déclaré que le Parti démocrate ne pouvait plus prendre ces citoyens pour acquis. "J'accepte le défi de me rapprocher des électeurs noirs qui ne me connaissent pas encore", a réagi Pete Buttigieg. Ce dernier, venu au débat avec son époux, a également expliqué comment le fait de vivre dans un pays qui n'avait légalisé le mariage gay qu'en 2015 lui avait inculqué "l'obligation profonde d'aider ceux dont les droits sont remis en jeu tous les jours". 

Des doutes autour de Joe Biden 

Le favori, Joe Biden, a bafouillé pour son entrée dans le débat, s'attirant les moqueries du fils de Donald Trump sur Twitter. Mais il a été plutôt épargné par ses rivaux. L'ancien vice-président est toutefois menacé par les doutes concernant son âge et sa viabilité dans la course, alors qu'il a été happé dans l'affaire ukrainienne

Son nom est au cœur de cette procédure, les démocrates accusant Trump d'avoir abusé de ses pouvoirs présidentiels en demandant aux Ukrainiens une enquête sur les Biden. 

Favorable à la destitution, Bernie Sanders a mis les autres candidats en garde : "Nous ne pouvons pas être simplement obnubilés par Donald Trump car si nous le faisons, nous allons perdre l'élection."