L'Amérique en campagne, J-8 : les e-mails terrifient Hillary Clinton

Hillary Clinton et son camp sont pris dans une nouvelle enquête sur l'affaire des e-mails non sécurisé. Donald Trump en profite et s'en donne à cœur joie. 

Hillary Clinton, vendredi 28 octobre, à Des Moines (Iowa).
Hillary Clinton, vendredi 28 octobre, à Des Moines (Iowa). (BRIAN SNYDER / REUTERS)

La mauvaise surprise d'octobre

La surprise d’octobre a bien eu lieu et elle terrifie les pro-Clinton alors que les États-unis fêtent halloween. Le FBI a relancé l’enquête sur les e-mails privés de la démocrate, et par la même occasion, la campagne de Donald Trump.

Il est reproché à Hillary Clinton, alors secrétaire d’État, d’avoir utilisé une boîte mail non sécurisée. On croyait le dossier classé mais d’autres e-mails ont été retrouvés, d’où cette nouvelle enquête du FBI.

L’affaire est un peu complexe mais elle renforce l’image d’une candidate qui a quelque chose a caché. Beth, une électrice longtemps indécise y voit le tournant de la campagne : "Quelque chose a changé maintenant. Beaucoup d’américains connaissent la vérité a propos du parti démocrate, à propos des Clinton. Tout ça a été caché très longtemps. Il y avait des rumeurs, mais maintenant avec Wikileaks, c’est sur la place publique. Des personnes comme moi qui hésitaient encore pour leur vote sont fixés. Après ces dernières informations, j’ai décidé voter pour Donald Trump."

Le refrain favori de Donald Trump

Après la réouverture de cette enquête, le milliardaire a entonné son refrain favori : Clinton la criminelle, Clinton la corrompue. Donald trump a aussi ironisé sur les circonstances du rebondissement de l’affaire. Les nouveaux e-mails ont été découverts dans un ordinateur d’Anthony Weiner, ex-mari de la conseillère d’Hillary Clinton, Huma Abedin. Cet ancien élu démocrate est mis en cause dans une affaire de mœurs, il aurait échangé des textos à caractères sexuelle avec une adolescente.

 "Nous n’aurions jamais pensé dire merci un jour à Anthony Weiner", s'amuse Donald Trump lors d'un meeting.

Dans le camp Clinton, on reproche au patron du FBI, James Comey, d’avoir saboté la campagne. Harry Reid, chef de la minorité démocrate au sénat, estime dans une lettre qu’il n’aurait pas dû influencer ainsi l’élection et favoriser un candidat. Un acte illégale selon lui. John Podesta, le directeur de campagne d'Hillary Clinton, a également exprimé son indignation sur CNN : "Lancer cela au milieu de la campagne, à onze jours du vote, c’est du jamais vu. C’est inapproprié à ce stade. Si ces e-mails ne sont pas significatifs, ils ne le sont pas. Point. Il aurait d’abord dû les regarder avant de faire ça en pleine campagne présidentielle, si près du vote."

Les mauvais sondage d'Hillary Clinton

L’avance de la démocrate a fondu ces derniers jours : deux à trois points de plus en moyenne au niveau national, beaucoup moins qu’il y a deux semaines. Ces sondages ont, d'ailleurs, été réalisés avant la décision du FBI dans les affaires des e-mails. Dans les États clés, Donald Trump remonte : il est en tête dans l’Ohio et il a aussi comblé son retard en Floride. Mais pour s’imposer, le milliardaire doit remporter presque tous les États indécis. Cela semble très difficile, surtout que le vote anticipé est favorable aux démocrates.

L’histoire du jour : une électrice vote deux fois pour Donald Trump

Donald Trump dit souvent que l'élection est truquée, et si c'était en sa faveur ? Dans l'Iowa, une électrice de Donald Trump a réussi à voter deux fois pour son candidat.

Dans cet état qui autorise le vote par anticipation, elle est d'abord allée voter dans le bureau principal du comté, avant de recommencer, dans un autre bureau. Pour cette supporter de Donald Trump, l'élection est truquée, et elle explique avoir eu peur que son bulletin ne soit changé en vote pour Hillary Clinton. Après une nuit au poste, elle a été libérée contre 5 000 dollars. Elle sera jugée lundi 7 novembre, la veille du jour des élections.

L'autre "gaffe" d'un supporter de Donald Trump

Lors du meeting du candidat républicain à Phoenix dans l’Arizona, un homme plus excité que la moyenne, vêtu d'un T-shirt "Hillary en prison" se tourne vers la presse et crie.

L'homme ne dit pas "U-S-A" mais "Jew-S-A", un mauvais jeu de mots entre "jew", qui veut dire juif en français, et USA. De quoi relancer les accusations de racisme et d’antisémitisme qui poursuivent le camp de Donald Trump. La porte-parole du candidat républicain a jugé les propos de ce supporter "répugnants".

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