En Floride, les ambulanciers peuvent porter une arme lors d'interventions risquées

Une loi, adoptée le 1er juillet, permet dorénavant aux ambulanciers de porter une arme lorsqu'ils interviennent sur une fusillade ou bien lors d'un raid sur des trafiquants de drogue.

Une ambulance, aux Etats-Unis (illustration).
Une ambulance, aux Etats-Unis (illustration). (PAUL BUCK / EPA)

Les ambulanciers bientôt munis d'armes en Floride. Entrée en vigueur depuis le 1er juillet, la loi HB 487 autorise les ambulanciers à porter une arme quand ils interviennent dans une situation à risques.

Quand des ambulanciers interviennent avec le SWAT ou les autres unités spéciales de la police sur le théâtre d’une fusillade, d’une prise d’otages, d’un raid sur des trafiquants de drogue ou qu’ils assistent une personne suicidaire, ils ont le droit d’avoir une arme et surtout de s’en servir, tout comme les agents de police qu’ils accompagnent.

L’un des sénateurs en faveur de la loi explique que ces ambulanciers étaient jusqu’ici au plus près du danger, sans moyen de se défendre. Ils doivent tout de même suivre une formation annuelle. D'autres États ont déjà des lois similaires, comme le Kansas et l’Ohio. Le Tennessee, le Mississippi et la Virginie, des États plutôt conservateurs, y songent également. À l’inverse, la Californie va devenir le premier État américain à demander aux propriétaires d’armes à feu de se soumettre à un examen de leurs antécédents avant d’acheter des munitions.

Avant les ambulanciers, les enseignants

Ce n'est pas une surprise pour la Floride. Le 1er mai, l'État a aussi voté une loi autorisant les enseignants qui le souhaitent à être armés en classe. Une mesure liée à la fusillade dans un lycée de Parkland qui avait fait 17 morts en février 2018. Après le drame, beaucoup d’élèves de l’école s’étaient mobilisés pour exiger des lois plus restrictives sur le port d’armes. Résultat : les législations vont dans le sens inverse.

En novembre 2018, la Floride est passée à quelques dizaines de milliers de voix d’élire un gouverneur démocrate, Andrew Gillum. Finalement, c’est Ron DeSantis qui a remporté l’élection, un Républicain de 40 ans, allié de Donald Trump mais pas le plus conservateur du parti. Il a tout de même signé ces textes de loi votés par le parlement local. Ce n’aurait très certainement pas été le cas avec son adversaire démocrate.

"Florida man", une expression réputée

Cette loi ne va pas arranger la réputation de la Floride qui a même une sorte d’expression consacrée : "Florida man", en français "un homme de Floride". Une expression liée aux faits divers, souvent étranges. Le public américain a l'habitude aujourd'hui de lire dans la presse des articles titrés "En Floride, un homme ...". C’est presque devenu un jeu, y compris pour les journalistes. Tout récemment, par exemple, la chaîne WSB a titré son reportage : "En Floride, un homme s’introduit dans un fast-food, se cuisine un hamburger et repart avec la caisse". Autre exemple : "En Floride, un homme jette des excréments sur un juge pendant une audience".

Le site du magazine Esquire s’amuse à recenser ces faits divers chaque année. Le 2 janvier dernier, "En Floride, un homme attaque un employé de McDonalds parce qu’on ne lui a pas donné de paille", le 7 janvier, "En Floride, un homme nie que les seringues retrouvées dans son rectum lui appartiennent", ou encore le 14 février, "En Floride, un homme est filmé en train de lécher une sonnette"