Des centaines de journaux américains répondent à Donald Trump et défendent la liberté de la presse dans des éditos

C'est le "Boston Globe" qui est à l'origine de cette initiative devenue massive, contre un président qui qualifie régulièrement de "fake news" des informations pourtant factuelles.

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, lors d\'un meeting à Tampa, en Floride, le 31 juillet 2018.
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, lors d'un meeting à Tampa, en Floride, le 31 juillet 2018. (CARLOS BARRIA / REUTERS)

C'est une réponse commune à la quasi totalité des quotidiens américains. Plus de 200 groupes de presse américains ont publié, jeudi 16 août, des éditoriaux en réponse aux critiques de Donald Trump contre la presse. Une initiative lancée par le Boston Globe, sous le mot d'ordre #EnemyOfNone ("L'ennemi de personne"), en référence aux propos du président américain qui n'hésite pas à traiter les grands médias d'"ennemi" ou d'"ennemi du peuple", et à qualifier de "fake news" des informations fondées.

"Nous avons aujourd'hui aux Etats-Unis un président qui a créé un mantra selon lequel tout média qui ne soutient pas ouvertement la politique de l'administration actuelle est 'l'ennemi du peuple'", écrit le Boston Globe dans son éditorial jeudi. Le journal qualifie Donald Trump de "charlatan d'antan qui jetait de la poussière ou de 'l'eau magique' sur une foule pleine d'espoir".

Le New York Times, fréquemment cible des invectives présidentielles, a publié un court éditorial sous un titre en lettres capitales "LA PRESSE LIBRE A BESOIN DE VOUS" rappelant que le peuple avait le droit de critiquer la presse. "Mais insister sur le fait que les vérités qui vous déplaisent sont des 'fake news' est dangereux pour la démocratie", poursuit le quotidien.

Une démarche contre-productive ?

Cette initiative, reprise par de nombreux journaux locaux, ne fait pas l'unanimité dans la presse américaine. "Les personnes qui lisent les éditoriaux n'ont pas besoin d'être convaincues. Ce ne sont pas elles qui hurlent [sur les journalistes] aux meetings présidentiels", nuance Ken Paulson, responsable d'un musée de la presse. 

Le fait que ces journaux se coordonnent pour publier ces éditos le même jour pourrait même conforter les soutiens de Donald Trump dans leur croyance sur l'existence d'une cabale médiatique contre lui. "Les médias organisent une attaque plus étudiée et publique que jamais contre Donald Trump" et contre "la moitié du pays qui le soutient", a par exemple tweeté Mike Huckabee, ancien gouverneur républicain devenu commentateur sur la chaîne conservatrice Fox News.