Brexit , Otan, Allemagne... Ce qu'il faut retenir de l'entretien de Donald Trump à des journaux européens

Le président élu des Etats-Unis a accordé une interview aux quotidiens allemand "Bild" et britannique "The Times", avec quelques phrases choc.

Le président élu Donald Trump tient une conférence de presse le 11 janvier 2017 à New York.
Le président élu Donald Trump tient une conférence de presse le 11 janvier 2017 à New York. (DON EMMERT / AFP)

La main tendue vers la Russie, "l'erreur catastrophique de Merkel" sur les migrants, l'Otan jugé "obsolète", le "succès" du Brexit... Avant son investiture le 20 janvier, le président élu des Etats-Unis, Donald Trump, a réalimenté la machine à polémiques dans des entretiens à la presse européenne publiés lundi 16 janvier.

Cinq jours avant de prendre les commandes de la première puissance mondiale, le milliardaire républicain a usé de formules choc pour commenter l'actualité européenne, dans les quotidiens britannique The Times et allemand Bild.

L'accueil des migrants en Allemagne : une "erreur catastrophique"

Première cible : la politique de la chancelière allemande, Angela Merkel, même si Donald Trump assure avoir "beaucoup de respect" pour elle. "Je pense qu'elle a fait une erreur catastrophique" en prenant "tous ces migrants illégaux", a-t-il lâché. Angela Merkel avait décidé en septembre 2015 d'ouvrir ses frontières à des centaines de milliers de migrants, dont une partie fuyaient la guerre civile en Syrie.

Les conséquences de cette politique d'accueil se sont fait récemment "clairement sentir", a estimé le milliardaire. Une allusion à l'attentat au camion-bélier contre un marché de Noël à Berlin le 19 décembre (12 morts), revendiqué par l'Etat islamique. Donald Trump a jugé que Berlin, plutôt que d'accueillir des réfugiés, aurait mieux fait de militer pour des zones d'exclusion aérienne en Syrie pour protéger la population des bombardements.

L'Otan est "obsolète"

Le président élu a réitéré ses critiques contre l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan). "J'ai dit il y a longtemps que l'Otan avait des problèmes. En premier lieu qu'elle était obsolète parce qu'elle a été conçue il y a des années et des années" et "parce qu'elle ne s'est pas occupée du terrorisme. (...) En deuxième lieu, les pays (membres) ne payent pas ce qu'ils devraient", a-t-il martelé.

Peu d'Etats de l'alliance atlantique atteignent le niveau de 2% de leur produit intérieur brut pour les dépenses militaires, l'objectif que s'est fixé l'Otan en 2014. Durant sa campagne présidentielle, Donald Trump avait déjà tenu des propos similaires, paraissant remettre en cause l'obligation de solidarité entre pays membres de l'Otan en cas d'agression s'ils ne contribuaient pas plus aux dépenses. Les Etats-Unis portent environ 70% des dépenses militaires de l'organisation.

Le Brexit sera "un succès"

L'homme d'affaires a attribué le Brexit à l'influence de l'Allemagne sur l'Union européenne. "Vous regardez l'Union européenne (...) c'est en gros un instrument pour l'Allemagne. C'est la raison pour laquelle je pense que le Royaume-Uni a eu bien raison d'en sortir", a-t-il assené.

Le Brexit sera "un succès", a-t-il assuré, annonçant vouloir conclure un accord commercial avec le Royaume-Uni "rapidement et dans les règles" et rencontrer "très rapidement" la Première ministre britannique, Theresa May. Donald Trump juge aussi que le Brexit va faire tache d'huile et que "d'autres pays vont quitter" l'Union européenne. "Les peuples, les gens, veulent leur propre identité et le Royaume-Uni voulait sa propre identité".

Faire "de bons accords avec la Russie"

Le magnat de l'immobilier a tendu une main vers Moscou, en froid avec l'administration de son prédécesseur Barack Obama qui l'accuse d'ingérence dans l'élection présidentielle américaine. Il a évoqué la possibilité d'un accord de réduction des armements nucléaires avec la Russie en échange de la levée des sanctions qui la frappent.

"Voyons si nous pouvons faire de bons accords avec la Russie. Je pense que l'armement nucléaire doit être très sensiblement réduit, ça en fait partie", a dit le président élu, qui ne cache pas son admiration pour le président russe, Vladimir Poutine. "Les sanctions font très mal à la Russie mais je pense qu'il peut se produire quelque chose qui sera profitable à beaucoup de gens."