Aux États-Unis, les opiacés tuent plus que les armes à feu et les accidents de la route réunis

Véritable fléau, les overdoses d’opiacés sont la première cause de mortalité accidentelle aux États-Unis. La ville de New York vient de porter plainte contre les laboratoires pharmaceutiques, comme d’autres États avant elle. Donald Trump songe également à engager des poursuites au niveau fédéral. 

En 2016, les drogues ont causé la mort de plus de 60 000 personnes aux États-Unis. Parmi ces drogues, les opiacés. Cette catégorie de stupéfiants comprend l'héroïne, mais aussi les anti-douleurs délivrés sur ordonnance. Ces substances psychoactives tuent plus que les armes à feu et les accidents de la route réunis.

Entre 2015 et 2016, le nombre de morts lié aux drogues a bondi de 19%. Conséquence, l’espérance de vie des Américains a encore diminué, passant de 78,8 en 2014 à 78,6 en 2016 selon les chiffres du Centre de contrôle et de prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prévention - CDC). Les overdoses d’opiacés sont désormais la première cause de mortalité accidentelle aux États-Unis. 

L’épidémie de dépendance aux opiacés aux États-Unis, une "urgence de santé publique"

Pour le président américain, le pays est confronté à "la pire crise liée à la drogue" de leur histoire. Il estime que "les États-Unis sont de loin les plus gros consommateurs de cette drogue." Selon les estimations des CDC, plus de onze millions d’Américains souffrent d’accoutumance aux opiacés obtenus sur prescription. En outre, cette crise a un coût. En 2015, la Maison Blanche l’a estimé à 504 millions de dollars, soit 3% du PIB. 

En octobre dernier, Donald Trump a décrété "l’urgence de santé publique" et a également évoqué l’idée d’engager des poursuites au niveau fédéral : "Je demande à toutes les agences exécutives d'utiliser toutes les autorités d’urgence appropriées pour lutter contre la crise des opiacés."

Avant l’État de New York, plusieurs États américains ont déjà porté plainte contre des laboratoires pharmaceutiques, comme l’Ohio et le Mississippi. Ils sont accusés d’avoir minimisé les effets secondaires et les risques de dépendance. Récemment, le 23 janvier, la ville de New York a annoncé qu’elle leur réclamait notamment "un demi-milliard de dollars" pour aider à financer la lutte contre cette épidémie. 

L’emblème d’un malaise social 

Symbole d’un malaise social, la crise des opiacés touche davantage les anciens bassins d’emplois frappés par la mondialisation, l’automatisation et la désindustrialisation. Des stars sont également touchées à l’instar d’Eminem, qui a failli mourir d’une overdose de méthadone en 2007. Ou encore de Prince, décédé en 2016 d’une overdose de fentanyl, un anti-douleur opiacé.

Si Donald Trump souhaite mettre fin à cette crise sanitaire, il a tout de même admis que "cela prendra plusieurs années, même des décennies, pour débarrasser notre société de ce fléau."

Aux États-Unis, les opiacés tuent plus que les armes à feu et les accidents de la route réunis
Aux États-Unis, les opiacés tuent plus que les armes à feu et les accidents de la route réunis (BRUT)