New-York : le policier accusé d'avoir asphyxié un homme noir en 2014 a été licencié

Les images de l'interpellation avaient fait le tour du monde et suscité de nombreuses manifestations. 

Le chef de la police new-yorkaise James O\'Neill, lors d\'une conférence de presse à New-York (Etats-Unis), le 19 août 2019. 
Le chef de la police new-yorkaise James O'Neill, lors d'une conférence de presse à New-York (Etats-Unis), le 19 août 2019.  (DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

C'est une affaire emblématique des violences policières contre les noirs aux Etats-Unis. Le policier accusé d'avoir asphyxié Eric Garner, mort après une interpellation musclée en 2014 à New York, a été licencié, a annoncé lundi 19 août le chef de la police new-yorkaise James O'Neill.

Il a indiqué avoir décidé de suivre la recommandation d'une juge administrative, qui avait appelé à un licenciement à l'issue d'un procès disciplinaire qui s'était terminé en juin. "Pantaleo ne peut plus servir de façon efficace comme policier à New York", a indiqué James O'Neill, tout en soulignant que la décision avait été "extrêmement difficile".

Le 17 juillet 2014, Eric Garner, 43 ans, père de six enfants, avait été violemment plaqué au sol par des policiers qui le soupçonnaient de vendre illégalement des cigarettes dans un quartier de Staten Island. Obèse et asthmatique, il avait avait refusé d'être interpellé et avait perdu connaissance alors que cinq hommes s'employaient à le menotter, avant de décéder. Les images de l'interpellation, filmées par un ami et mises en ligne peu après, avaient fait le tour du monde. On l'entend répéter à maintes reprises : "Je ne peux pas respirer" ("I can't breathe"). 

Un sujet sensible pour le maire de New-York 

Dans un avis de 46 pages, dont des extraits ont été publiés par les médias américains dimanche, la juge administrative Rosemarie Maldonado avait notamment estimé que le policier Daniel Pantaleo avait fourni, lors d'une enquête interne sur les circonstances de la mort d'Eric Garner, des explications "non plausibles et mensongères". Elle avait aussi jugé "non fiables" les témoignages des autres policiers interrogés sur cet incident.

Son licenciement semblait être la seule option depuis la recommandation de la juge début août. De puissantes associations de défense des droits civiques, dont celle du célèbre révérend Al Sharpton, avaient appelé le chef de la police à s'y conformer. 

Le sujet était aussi devenu très sensible pour le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, candidat à la présidentielle 2020, qui se positionne comme un grand défenseur des minorités et ne cesse de citer son bilan en matière de criminalité à New York parmi ses points forts. Il comme la procureure noire de New York Letitia James et d'autres responsables démocrates, salué une décision "objective", espérant qu'elle "apporte la paix et le sentiment que la page peut être tournée à la famille Garner".