Mitt Romney, un mormon à la conquête de la Maison Blanche

Soixante-cinq ans, multimillionnaire, un physique d'acteur hollywoodien... le mormon Mitt Romney, candidat républicain à la présidence américaine serait-il le mal-aimé de cette campagne ?

Le candidat républicain, Mitt Romney, en campagne, fin août 2012.
Le candidat républicain, Mitt Romney, en campagne, fin août 2012. (FTV)

Diplômé d'Harvard, l'homme est policé, courtois, efficace, mais distant. Si l'ancien gouverneur de l'Etat du Massachussets était perçu comme un modéré, il a durci son discours prendant la campagne des primaires, choisissant notamment Paul Ryan, un ultra-conservateur comme colistier.

Sa nomination consacre cinq ans de ténacité. Car Mitt Romney a sillonné les Etats-Unis pendent des mois, en jean et chemise, serrant des mains, avec un sourire figé qui a toutefois du mal à passer dans l'opinion.

Qui est-il réellement ? Marié depuis 43 ans, père de cinq enfants, l'homme est complexe. Mormon, Mitt Romney a longtemps été engagé dans son église. Il ne boit pas, ne fume pas, ne consomme pas de café et a longtemps été «évêque» laïc de Boston. Le revirement est intervenu lors de la dernière convention de Tampa en Floride au mois d'août . Son épouse Ann a évoqué son amour et sa «drôlerie», essayant d'humaniser l'image d'un homme trop aseptisé.
 

AFPTV, le 28 août 2012

Longtemps jugé trop progressiste par l'aile dure du parti républicain, Mitt Romney n'a eu de cesse ces derniers mois d'avoir un discours résolumment à droite sur les questions d'avortement, de santé ou d'immigration, au risque de passer pour une girouette. Il dénonce désormais l'«Obamacare», qu'il avait pourtant instauré au Massachussets.

Aujourd'ui, une vidéo de mai 2012 qui circule sur la toile pourrait le mettre en difficulté. En effet, le candidat républicain y affirme que les Palestiniens ne veulent pas la paix avec Israël. Et aussi que 47% de l'électorat américain (le socle électoral de son rival Barack Obama, selon lui) sont des assistés vivant au crochet de l'Etat fédéral.

Si Barack Obama lui a reproché d'«ignorer une bonne partie du pays», certains électeurs américains pourraient marquer leur désaccord dans les urnes. Aujourd'hui, il reste quelques semaines à Mitt Romney pour se faire aimer des Américains...