Cet article date de plus de cinq ans.

Les Sioux du Dakota bloquent la construction du pipeline

Ils sont les derniers représentants de la nation sioux. Dans le Dakota, au nord-ouest des Etats-Unis, ils veillent jalousement sur la terre de leurs ancêtres. Ainsi, les Sioux refusent de laisser passer un pipeline sous le Missouri.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Le 4 septembre 2016, les descendants du peuple sioux manifestent le long de la rivière Missouri contre le projet du pipeline. (AFP/Robyn Beck)

Double problématique pour la nation Sioux. D’une part, elle voit dans l’oléoduc une menace sur l’alimentation en eau potable – l’oléoduc passe sous le lac Oahe, réserve d’eau artificielle créée grâce à un barrage sur le Missouri. D’autre part, si son tracé ne touche pas les terres de la réserve, l’oléoduc, selon les Indiens, empiéterait sur des sites funéraires sacrés.
 
La Standing rock est la sixième plus grande réserve indienne des Etats-Unis. Elle mesure près de 10.000 km² à cheval sur les deux Dakota, du Nord et du Sud. Des terres baignées par le Missouri.
Le peuple Lakota (le vrai nom des Sioux) ne compte plus que 70.000 individus aujourd’hui. Comme toutes les nations premières, les Sioux ont été marginalisés, exploités, trompés.

Little Bighorn
C’est pourtant le peuple sioux qui en 1876 infligea sa plus lourde défaite à l’armée des visages pâles. Dans l’Etat voisin du Montana, à proximité de la rivière Little Bighorn, les Sioux alliés aux Cheyennes écrasèrent les hommes du général Custer. Un épisode qui marquera le début d'une politique de harcèlement contre les Indiens, contraints de regagner leurs réserves et d'y rester.

 
A son époque, la construction du barrage sur le Missouri, mis en eau en 1962, a déjà été vécue comme une spoliation. 22.000 hectares ont été engloutis, près de 200 familles ont été déplacées. Un traumatisme qui est encore bien présent confie le journal La Croix. Beaucoup de Sioux vivent la construction du pipeline comme une nouvelle agression. «La résilience fait partie de notre ADN», confie une manifestante au journaliste.
 
Aussi, depuis avril 2016, des membres des 200 tribus campent sur le site, empêchant ou du moins contrariant l’avancée des travaux. Les stars hollywoodiennes comme Léonardo Di Caprio sont venues soutenir les Sioux. Finalement, début novembre, le gouvernement américain a suspendu les travaux. En effet, l’armée américaine est propriétaire des terrains bordant le lac et réclame des études complémentaires. Etonnant clin d’œil de l’Histoire qui voit les successeurs des «tuniques bleues» aider les indiens!
 
L’enjeu
La tension n’est pas retombée malgré tout. De nombreux incidents ont opposé les forces de l’ordre aux manifestants, qui continuent de camper sur le site de la construction du pipeline. In fine, c’est à la justice qu’il convient de trancher. Et le poids du lobby pétrolier semble bien difficile à contrecarrer.
 
Car le Dakota access pipeline est la conséquence du boom sur le pétrole de schiste. Celui-ci abonde dans le bassin de Bakken, au nord-ouest de l’Etat. Sous terre, les réserves sont estimées à 7,4 milliards de barils. Une manne dont tout le monde profite selon La Croix, y compris les Indiens, en louant leurs terres. Et les politiques ne se privent pas de rappeler tout le bien que prodigue l’industrie du pétrole. Tout en indiquant aux écologistes que l’oléoduc est un système de transport sûr.
 
Obama bloque les projets
La construction d’un autre pipeline, le Keystone XL, est également bloquée par l’administration Obama. Il s’agit d’une variante de l’actuel oléoduc transportant bitume et pétrole de l’Alberta au Canada, vers les raffineries américaines. Ce nouveau tracé doit également passer par le Dakota et l’incontournable formation de Bakken.
 
Or, Donald Trump est favorable à la construction de ce pipeline. La reprise des travaux relancerait la contestation. En tête, les Sioux ne lâcheront rien. 

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Etats Unis d'Amérique

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.