La Nasa détaille Artémis, son programme qui doit ramener des astronautes sur la Lune en 2024

La Nasa prévoit trois missions dont une avec la présence d'astronautes sur la Lune

Jim Bridenstine, administrateur de la Nasa, aux côtés de Robert Cabana, directeur du centre spatial Kennedy, le 23 mai 2019 à Cap Canaveral, en Floride (Etats-Unis). 
Jim Bridenstine, administrateur de la Nasa, aux côtés de Robert Cabana, directeur du centre spatial Kennedy, le 23 mai 2019 à Cap Canaveral, en Floride (Etats-Unis).  (JOE SKIPPER / X03635)

Huit lancements de fusées et une mini-station en orbite lunaire d'ici 2024 : le patron de la Nasa a présenté (en anglais) jeudi 23 mai le calendrier du programme "Artémis" qui doit ramener des astronautes sur la surface lunaire pour la première fois depuis 1972.

Trois missions entièrement pilotées par la Nasa

L'administrateur de l'agence spatiale américaine a confirmé qu'Artémis 1 serait une mission non habitée autour de la Lune, planifiée pour 2020. Puis viendra Artémis 2, mission autour de la Lune avec des astronautes à bord, "en 2022 environ". Enfin, Artémis 3 emmènera des astronautes sur la Lune, dont la première femme à fouler le sol lunaire, en 2024 – ce serait l'équivalent de la mission Apollo 11, qui a emmené Neil Armstrong et Buzz Aldrin sur la Lune en juillet 1969.

Ces trois missions Artémis seront lancées par la plus grande fusée de tous les temps, le Space Launch System (SLS), construite en ce moment mais dont le développement a pris beaucoup de retard, au point que le premier vol prévu en 2020 devrait être décalé, selon de nombreux experts. A son sommet se trouvera la capsule habitée Orion.

La "Gateway", une mini-station en orbite lunaire

A ces missions "100% Nasa" s'ajouteront cinq livraisons des éléments de la "Gateway", la mini-station en orbite lunaire qui attendra les astronautes et leur servira de point d'étape. Ces cinq lancements seront réalisés entre 2022 et 2024 par des sociétés spatiales privées, que la Nasa rémunèrera. La station sera dans un premier temps minuscule : un élément propulsion/énergie, et un petit élément d'habitation.

Les astronautes en provenance de la Terre s'y amarreront à partir de 2024. Puis ils descendront sur la Lune à bord d'un véhicule appelé atterrisseur, qui aura été livré à la station préalablement. Une partie de l'atterrisseur restera sur la Lune, et une autre leur permettra de redécoller afin de rejoindre la station, d'où les astronautes pourront remonter dans le vaisseau Orion et revenir sur Terre.

Jim Bridenstine a annoncé que la Nasa avait choisi la firme Maxar pour construire le premier module de la station, celui qui fournira de l'énergie, grâce à de grands panneaux solaires. Dans les prochains mois, la Nasa devra choisir qui construira l'alunisseur. Tous les grands groupes aérospatiaux, comme Boeing ou Lockheed Martin, mais aussi de nouveaux entrants comme Blue Origin, sont sur les rangs.

"Nous ne posséderons pas le matériel, nous achèterons un service", a dit Jim Bridenstine à propos de l'alunisseur. Ce dernier a également précisé que l'objectif n'est pas de construire une nouvelle Station spatiale internationale. "Notre but final est d'aller sur Mars, et non d'être coincé sur la Lune".

La porte est ouverte à des investisseurs privés

La Nasa veut une présence durable sur la Lune. La station durera 15 ans, et l'agence spatiale veut, en partenariat avec d'autres agences spatiales et des sociétés privées, construire une infrastructure sur le sol lunaire pour extraire de l'eau, de l'oxygène et de l'hydrogène.

Le plan de la Nasa prévoit 18 autres lancements de SLS et de fusées privées jusqu'en 2028. Et Jim Bridenstine insiste sur le fait que la station orbitale sera ouverte à tous. "Peut-être qu'un milliardaire voudra utiliser la station pour aller sur la Lune avec son propre atterrisseur, car il pense qu'il y a des métaux précieux à certains endroits de la Lune", a-t-il suggéré. Un obstacle de taille reste toutefois à franchir. Pour l'instant, le Congrès n'a montré aucune intention d'accorder à la Nasa les crédits supplémentaires qu'elle a réclamés pour atteindre l'objectif de 2024.