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L'échec de Toys'R'Us aux États-Unis "a commencé il y a une dizaine d'années"

Franck Mathais, spécialiste du marketing du jouet et porte-parole de JouéClub, a expliqué jeudi sur franceinfo que l'annonce du distributeur de jouets Toys'R'Us de la fermeture de ses magasins aux États-Unis était notamment due à une dette très forte.

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Radio France
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La devanture d'un magasin Toys'R'Us à Toulouse (Haute-Garonne). (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

L'échec du distributeur de jouets Toys'R'Us "est un phénomène qui a commencé il y a une dizaine d'années", selon Franck Mathais. Le spécialiste du marketing du jouet et porte-parole de JouéClub a expliqué, jeudi 15 mars sur franceinfo, que les "positions extrêmement fortes" du groupe américain "se sont érodées dans le temps".

Toys'R'Us, qui s'était déclaré en faillite en septembre 2017, a annoncé jeudi la mise en liquidation ses 735 magasins aux Etats-Unis. Une trentaine de milliers d'emplois sont menacés, soit la moitié des effectifs mondiaux du groupe. En France, la compagnie n'a pas annoncé vendre ses 53 magasins, mais l'option est envisagée.

franceinfo : Comment explique-t-on ce gigantesque échec de Toys'R'Us aux États-Unis ?

Franck Mathais : C'est un phénomène qui a commencé il y a une dizaine d'années. C'est à la fois une guerre des prix extrêmement forte qui s'est développée sur le marché américain, c'est la montée en puissance d'internet dans les usages de consommation et puis c'est une dette très forte depuis le rachat par des fonds. La conjonction de ces trois phénomènes fait donc que l'entreprise n'a plus les ressources suffisantes pour pouvoir faire face à sa dette. Là, vous avez les fonds qui se coupent immédiatement et l'entreprise est obligée de se mettre en liquidation.

Est-ce cette dette qui a empêché Toys'R'Us de faire face à cette nouvelle concurrence de l'e-commerce ou est-ce une faute de vision ?

C'est un ensemble. C'est un marché qui s'est retourné, qui a évolué, c'est une entreprise qui avait des positions extrêmement fortes qui se sont érodées dans le temps. Du fait que ce soit une entreprise succursaliste [dont tous les magasins appartiennent à la même société], il a fallu à un moment donné réorganiser le capital de l'entreprise. C'est là que la dette a considérablement augmenté. Aujourd'hui, avec des ventes qui déclinent chaque année, vous vous retrouvez dans une situation où vous ne pouvez plus faire face à vos échéances.

Risque-t-on d'avoir les mêmes causes et les mêmes conséquences chez nous qu'aux États-Unis ?

Il y a une certaine stabilité du marché français et des acteurs qui sont en croissance. La consommation en France s'oriente elle aussi vers le digital, mais vous avez encore 75% des achats de jouets qui se font dans les magasins. Finalement, les commerçants qui sont à l'écoute des attentes des clients, qui sont capables de développer des solutions à la fois en magasin et sur internet, et qui en plus ont une politique de prix pertinente dans le jeu concurrentiel sont ceux qui arrivent à maintenir, voire à développer leurs parts de marché.

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