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Incendies en Californie : "Vous avez quelques minutes pour attraper deux sacs, vos papiers, le chien, sauver votre vie"

Alors que le président américain est attendu lundi en Californie, les incendies continuent de ravager la côte ouest des États-Unis. En Oregon, des milliers de personnes ont dû évacuer et tout laisser derrière elles. 

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Radio France
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Richard a tout perdu, sa caravane qui était son domicile, engloutie dans des "flammes de dix mètres de haut". Il décrit "l'enfer", des images qu'il n'oubliera "jamais". (BENJAMIN  ILLY / FRANCE-INFO)

Au moins 27 morts, des milliers de déplacés, deux millions d'hectares de forêts partis en fumée, des villes entièrement carbonisées... La côte ouest des Etats-Unis est toujours en proie à des incendies d'une ampleur inédite. Lundi 14 septembre, Donald Trump est attendu en Californie pour mesurer les dégâts. Dans l'Etat voisin d'Oregon, où sept personnes ont péri dans les flammes selon un bilan encore très provisoire, 500 000 habitants ont reçu jeudi un ordre d'évacution, et 40 000 ont déjà dû effectivement quitter la zone. 

Richard, 67 ans, habitait Phoenix avant de devoir tout laisser derrière lui. Il n’oubliera jamais ce mur de flammes, le feu partout qui dévore sa caravane, des flammes de "10 mètres de haut", décrit-il. Sur le moment, "le traumatisme, vous n’avez pas le temps d’y penser, il faut agir. Vous avez quelques minutes pour attraper deux sacs, vos papiers, le chien, sauver votre vie", raconte-t-il encore sous le choc. 

Je n’avais rien vu de tel de toute ma vie, par rapport à l’idée qu’on se fait de l’enfer, hé bien c’était ça.

Richard, habitant de Phoenix

à franceinfo

Richard a été pris en charge par des associations, des bénévoles, dans le vaste Palais des expositions de Central Point, devenu le refuge des évacués. L’ambiance est pesante, toute la région est noyée dans une brume lugubre, compacte, qui coupe le souffle, pique les yeux et irrite la gorge. Les fumées des incendies se sont propagées partout, la lumière ne perce pas. Une ambiance de fin du monde, oppressante. "Mais il faut s’accrocher"... C’est le message d’Yvonne, 82 ans, avec toutes ses affaires rassemblées dans un sac à dos posé à ses pieds.

Yvonne, 82 ans, évacuée de Phoenix. Son mobil-home a été détruit par les flammes. (BENJAMIN  ILLY / FRANCE-INFO)

"Je vivais dans un parc pour mobil-homes. La police est arrivée dans notre rue et nous a dit d’évacuer, immédiatement !" raconte-t-elle. "Tout le parc a été anéanti", poursuit a vielle dame, qui n'a aucune idée de l'endroit où elle va pouvoir habiter ensuite.

Je suppose que je suis à la rue. C’est vraiment désolant mais on continue et la vie recommence.

Yvonne, 82 ans 

à franceinfo

Environ 2 500 personnes sont rassemblées dans ce centre, alors que dans l'Oregon les autorités ont demandé à près d’un demi-million d’habitants de se tenir prêts à évacuer si nécessaire. Devoir tout quitter, d’un minute à l’autre, et après faire face. Et comme Yvonne, tenir le coup.

Le reportage de Benjamin Illy, avec des évacués de Phoenix, dans l'Oregon.
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