Etats-Unis : Trump promet de proposer "très vite" un nom pour la Cour suprême, probablement une femme

Le président américain souhaite remplacer avant la présidentielle la juge Ruth Bader Ginsburg, icône de la gauche morte vendredi.

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Le président américain, Donald Trump, le 19 septembre 2020 à la Maison Blanche. (SARAH SILBIGER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

"Je pense que cela va aller très vite." Donald Trump affirme qu'il va proposer rapidement un nom pour remplacer la juge de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg, morte vendredi. Depuis les jardins de la Maison Blanche, samedi 19 septembre, il a évoqué une annonce "la semaine prochaine". Dans la soirée, lors d'un meeting en Caroline du Nord, il a précisé : "Ce sera une femme. Une femme très talentueuse, très brillante, que je n'ai pas encore choisie. Mais nous avons beaucoup de femmes dans notre liste."

La juge "RBG", comme elle était surnommée, s'est éteinte vendredi des suites d'un cancer du pancréas à l'âge de 87 ans. Sa mort a suscité une vague d'émotion dans le pays et aussi une immense inquiétude dans le camp démocrate, doublée d'un tir de barrage politique. Car l'arrivée d'un nouveau juge nommé par Donald Trump ancrerait le temple du droit américain dans le camp conservateur pour longtemps.

A 45 jours de l'élection présidentielle, le candidat démocrate Joe Biden et l'ex-président Barack Obama ont immédiatement mis en garde Donald Trump. "Les électeurs doivent choisir le président, et le président doit proposer un juge au Sénat", a dit Joe Biden. Barack Obama a appelé son successeur républicain à s'abstenir alors que "des bulletins de vote sont déjà déposés" pour le scrutin du 3 novembre, par anticipation ou par correspondance.

Une poignée de républicains pourraient s'y opposer

Les neuf juges de la Cour suprême sont nommés à vie, et Donald Trump a déjà procédé à deux nominations, celles des conservateurs Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh. Son camp dispose actuellement de cinq juges. L'enjeu est considérable puisque la Cour tranche les principales questions de société, comme l'avortement, le droit de porter des armes ou les droits des homosexuels, qui sont souvent aussi les lignes de fracture d'une société américaine plus divisée que jamais. La haute cour a aussi le dernier mot sur les litiges électoraux, comme lors de la présidentielle de 2000 finalement remportée par George W. Bush face à Al Gore.

La santé de la juge Ginsburg était chancelante et les républicains se préparaient à cette vacance. Donald Trump avait présenté début septembre une liste de personnalités qu'il pourrait présenter. Parmi elles, deux sénateurs ultraconservateurs, Ted Cruz et Tom Cotton. Le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, a prévenu dès vendredi soir qu'il était disposé à aller de l'avant dans le processus de nomination. Dans des circonstances comparables, il y a quatre ans, il avait pourtant bloqué la désignation d'un juge par Barack Obama.

Le président dispose d'une majorité républicaine de 53 contre 47 au Sénat, mais une poignée de sénateurs pourraient faire défaut, notamment ceux confrontés à des réélections difficiles dans des Etats modérés. L'équation politique est donc complexe. La sénatrice républicaine modérée du Maine, Susan Collins, a annoncé samedi sa position : le Sénat ne doit pas confirmer un nouveau juge à la Cour suprême avant la présidentielle du 3 novembre, "par honnêteté envers le peuple américain".

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