États-Unis : "L'image du Noir dangereux est vraiment inscrite dans les inconscients"

Charlotte Recoquillon, chercheuse de l’Institut français de géopolitique, explique, suite à la mort d'un homme noir tué par un policier à Charlotte aux Etats-Unis, que  "les hommes noirs entre 20 et 34 ans ont neuf fois plus de risque d'être tués par la police que le reste de la population".

Manifestation à Charlotte le 21 septembre 2016
Manifestation à Charlotte le 21 septembre 2016 (NICHOLAS KAMM / AFP)

La deuxième nuit de manifestations, après la mort d'un homme noir tué par un policier à Charlotte, en Caroline du Nord (États-Unis), a fait quatre blessés parmi les forces de l'ordre, selon la police de la ville. "Les hommes noirs entre 20 et 34 ans ont neuf fois plus de risque d'être tués par la police que le reste de la population", a expliqué jeudi 22 septembre sur franceinfo Charlotte Recoquillon, chercheuse de l’Institut français de géopolitique. Pour elle, "l'image du Noir dangereux est vraiment inscrite dans les inconscients".

franceinfo : Cette statistique est-elle à la hausse ?

Charlotte Recoquillon : On ne peut pas le dire parce que cela a été une des grandes victoires du mouvement Black Lives Matter, de forcer à recenser ces cas. A ce jour, c'est encore majoritairement des initiatives privées ou citoyennes. On sait que cela a toujours existé, que ce n'est pas nouveau.

Le mouvement Black Lives Matter ressemble-t-il au Black Panthers (mouvement révolutionnaire afro-américain formé en 1966) ?

C'est assez différent dans sa forme, dans son organisation. Il y a certainement des sujets communs, et notamment de rendre la fierté d'être noir aux États-Unis. Black Lives Matter est très moderne puisqu'il n'y a pas de leader, on a vu beaucoup de femmes. C'est très original. Le mouvement a une ambition à long terme. Il s'inscrit dans une continuité des luttes pour l'émancipation des noirs.

Aux États-Unis l'image du Noir est-elle toujours celle de quelqu'un d'armé, de délinquant pour les policiers ?

C'est exactement comme ça que ça se passe. Cela explique que tant les policiers noirs que les policiers blancs peuvent avoir ces réflexes, ces décisions éclairs. A grand renfort d'histoire, de politique publique, de discours médiatique, l'image du Noir dangereux est vraiment inscrite dans les inconscients. Ce n'est pas toujours des actes volontaires de personnes racistes.

Charlotte Recoquillon, chercheuse de l’Institut français de géopolitique : "l'image du Noir dangereux est vraiment inscrite dans les inconscients"
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