Barack Obama met en garde contre un usage excessif de la force à Ferguson

Depuis le 11 août, la ville de Ferguson, dans le Missouri (Etats-Unis), est en proie à des émeutes après la mort d'un adolescent tué par un tir policier.

Des habitants de Ferguson, dans le Missouri (Etats-Unis), manifestent, le 18 août 2014, après la mort de Michael Brown.
Des habitants de Ferguson, dans le Missouri (Etats-Unis), manifestent, le 18 août 2014, après la mort de Michael Brown. (JOSHUA LOTT / REUTERS)

Barack Obama veut apaiser les esprits à Ferguson, dans le Missouri (Etats-Unis), touchée par des émeutes depuis le 11 août. Le président des Etats-Unis a une nouvelle fois mis en garde, lundi 18 août, contre un usage excessif de la force face aux manifestants, qui réclament justice après la mort d'un jeune Noir sous les balles d'un policier. La police américaine a de nouveau tiré, lundi, des grenades lacrymogènes et assourdissantes contre des manifestants. 

"Il est clair que l'immense majorité des gens manifestent pacifiquement", a souligné Barak Obama lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, appelant les forces de l'ordre à la retenue. Le président a également insisté sur le fait que le recours aux militaires de la Garde nationale, entrée en lice dans l'après-midi à la demande du gouverneur, devrait être "limité". "Je surveillerai dans les jours qui viennent qu'elle aide, plutôt qu'elle n'aggrave la situation à Ferguson", a-t-il prévenu.

Des progrès insuffisants en matière d'égalité

Barack Obama a par ailleurs mis en garde ceux parmi les manifestants qui auraient recours à la violence. "Si je comprends les passions et la colère nées de la mort de Michael Brown (…) piller [des magasins] ou attaquer la police ne peut que contribuer à faire monter les tensions, cela affaiblit la justice plutôt que cela ne la renforce", a affirmé le président.

Tout en soulignant avec insistance qu'il entendait rester "prudent" sur le fond du dossier tant que l'enquête était en cours, Barack Obama a abordé la question des inégalités raciales aux Etats-Unis, jugeant qu'un long chemin restait à parcourir avec des communautés "qui se retrouvent souvent isolées, sans espoir et sans perspectives économiques".

"Dans de nombreuses communautés, les jeunes gens de couleur ont plus de chances de finir en prison ou devant un tribunal que d'accéder à l'université ou d'avoir un bon emploi, a poursuivi Barack Obama. Nous avons fait des progrès extraordinaires mais nous n'avons pas fait de progrès suffisants."