Disparues de Cleveland : les indices qui auraient pu alerter la police

Au lendemain de la libération de trois femmes, une enquête a été lancée sur d'éventuels manquements des policiers, appelés plusieurs fois sur les lieux.

La maison dans laquelle ont été retenues trois femmes, libérées le 7 mai 2013, à Cleveland (Ohio, Etats-Unis).
La maison dans laquelle ont été retenues trois femmes, libérées le 7 mai 2013, à Cleveland (Ohio, Etats-Unis). (BILL PUGLIANO / AFP)

Comment trois femmes et une enfant ont-elles pu rester captives aussi longtemps sans éveiller l'attention de quiconque ? Au lendemain de leur libération, une enquête est en cours, mercredi 8 mai, pour déterminer les conditions dans lesquelles le ravisseur présumé, Ariel Castro, et ses deux frères ont pu détenir leurs otages en secret, dans une maison de Cleveland, dans l'Ohio (Etats-Unis). "C'est vraiment le dernier endroit où nous aurions cherché", reconnaît un voisin, inquiet, qui affirme que "personne n'a rien entendu".

Des voisins disent pourtant avoir, plus d'une fois, joint la police pour faire état d'activités qu'ils jugeaient suspectes. Les policiers sont intervenus à deux reprises, sans que la maison n'éveille leurs soupçons. Francetv info liste les éléments qui peuvent aujourd'hui paraître troublants.

Des femmes nues dans l'arrière-cour

Il y a quelques années, une voisine du ravisseur présumé a vu une femme, nue, qui rampait dans le jardin situé à l'arrière de la maison, selon le Detroit Free Press (en anglais). Elle aurait appelé la police, "mais ils ne l'ont pas prise au sérieux", indique sa mère. Un autre voisin, Israel Lugo, évoque des témoignages mentionnant trois jeunes filles aperçues nues et en laisse, tenues par trois hommes dans l'arrière-cour. Ariel Castro garait toujours sa camionnette à l'arrière de la maison et ne passait jamais par la porte d'entrée. 

Des coups à la porte et une femme à la fenêtre

Israel Lugo fait aussi état de coups, en novembre 2011, provenant des portes de la maison, dont des fenêtres étaient couvertes de sacs plastiques. Sa sœur lui avait alors indiqué avoir aperçu une jeune fille tenant un bébé dans ses bras. Des policiers se seraient déplacés et auraient toqué à la porte, sans réponse, selon ce témoin cité par l'agence Reuters. "Ils sont allés voir sur le côté et sont partis", affirme-t-il.

D'importants achats alimentaires

Ce même témoin a aperçu Ariel Castro, chauffeur d'autobus, garant son véhicule devant sa maison et en sortant avec un large sac, contenant de la nourriture et un plateau portant plusieurs boissons. Les forces de l'ordre se seraient alors rendues chez le ravisseur présumé pour lui demander de cesser de garer son car scolaire devant son domicile.

Une fillette se promenant avec le ravisseur

Lorsqu'il était apparu se promenant au parc ou allant au McDonalds du coin avec une fillette de 6 ans, Ariel Castro avait simplement expliqué que c'était l'enfant de sa compagne. Personne n'avait trouvé à y redire. "Je l'ai vu avec la petite fille une ou deux fois, a raconté Israel Lugo. Il disait que c'était la gamine de sa petite amie."

Deux autres interventions de la police

Les policiers se sont rendus chez Ariel Castro en 2000 et 2004, pour deux autres affaires. La première fois, l'homme a prévenu les autorités au sujet d'une bagarre de rue. La seconde, la police a trouvé porte close, après avoir été alertée par les services sociaux concernant un enfant laissé sans surveillance dans l'autocar de l'homme. Ariel Castro avait ensuite été entendu par la police, qui n'avait retenu aucune intention criminelle, selon le Daily Mail (en anglais).

M. BURGOT / FRANCE 2