Ukraine : Européens et Américains prudents sur les accords de Minsk

Les dirigeants de l'Union européenne et des Etats-Unis ont exprimé jeudi un soulagement teinté de prudence après le compromis conclu à Minsk pour tenter de mettre fin au conflit dans l'est de l'Ukraine. Ils n'ont pas exclu la possibilité de nouvelles sanctions en cas de non respect de cet accord.

(Pour François Hollande, les conditions de livraison des navires de guerre "Mistral" à le Russie ne sont pas encore réunies © Maxppp)

A leur arrivée à Bruxelles, les dirigeants européens n'ont pas cherché à se bercer d'illusions : "L'accord conclu à Minsk pour résoudre le conflit dans l'est de l'Ukraine ne garantit pas qu'une paix durable sera instaurée ", a-t-il dit à son arrivée à Bruxelles au Conseil européen, alors qu'il évoquait précédemment un "espoir pour l'Ukraine ".

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Angela Merkel, qui a négocié toute la nuit aux côtés du président français avec ses homologues russe et ukrainien, s'est montrée tout aussi prudente à Bruxelles. "C'est une lueur d'espoir, pas moins, pas plus ", a dit la chancelière, ajoutant qu'il "était très important que les paroles soient suivies par les actes ". Le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk,

s'est voulu pragmatique. "L'espoir, c'est bien, mais l'espoir n'est pas assez, le vrai test est le respect du cessez-le-feu sur le terrain ", a-t-il dit, rappelant que le premier cessez-le-feu, conclu le 5 septembre, n'avait pas été respecté. Mêmes doutes pour le Britannique David Cameron.

"La route est longue avant que toutes les parties ne réussissent à faire la paix et à rétablir la pleine souveraineté de l'Ukraine "

De l'autre côté de l'Atlantique, les Américains se montrent tout aussi circonspects. "La route est longue avant que toutes les parties ne réussissent à faire la paix et à rétablir la pleine souveraineté de l'Ukraine ", a ainsi averti le secrétaire d'Etat John Kerry.

Pas de livraison des "Mistral" pour l'instant

Face à la fragilité de cet accord, les Européens ont brandi la menace de nouvelles sanctions : "Si l'accord n'était pas respecté (...), on rentrerait dans un processus que vous connaissez bien (...) de sanctions qui s'ajouteraient à celles qui ont déjà été prononcées ", a dit à la presse le président français qui a évoqué aussi des mesures de suivi de l'accord. François Hollande qui a ajouté que l'accord de Minsk ne permettait pas de réunir les conditions pour effectuer la livraison par la France des deux navires de guerre type "Mistral" à la Russie. Le premier devait l'être mi-novembre et le second est prévu pour l'automne 2015.