Turquie : deux soldats tués par une voiture piégée dans une région à majorité kurde

L'attaque a visé un convoi militaire dans la province de Diyarbakir, dans le sud-est du pays.

Diyarbakir, Turquie.
Diyarbakir, Turquie. ( GOOGLE MAPS)

Le cessez-le-feu entre le gouvernement turc et les Kurdes vole en éclat. Deux soldats ont été tués et quatre autre ont été blessés, samedi 25 juillet, par une voiture piégée qui a visé un convoi militaire dans la province à majorité kurde de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, a annoncé le gouvernorat.

Cette attaque, qui n'a pas été immédiatement revendiquée, intervient alors que l'armée de l'air turque a mené samedi une série de frappes aériennes contre des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak. Selon la déclaration du gouvernorat, la voiture piégée a explosé dans le district de Lice, à l'arrivée d'un convoi de gendarmes appelé à un carrefour pour un feu de voiture.

Le processus de paix compromis

Le PKK a qualifié samedi d'"agression" les bombardements menés par l'armée turque sur ses bases arrières et estimé qu'ils avaient "rompu les conditions du cessez-le-feu" entre ses combattants et les forces de sécurité turquesn qui tenait depuis mars 2013. Le régime du président Recep Tayyip Erdogan avait engagé à l'automne 2012 des discussions de paix avec le chef emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, pour tenter de mettre un terme à la rébellion qui a fait 40 000 morts depuis 1984. Un processus de paix qui semble plus compromis que jamais.

Le gouvernement islamo-conservateur turc avait ordonné ces frappes après une série d'attaques attribuées ces derniers jours à des militants proches du PKK contre des policiers. Le mouvement kurde a en effet revendiqué l'assassinat de deux policiers dans la ville de Ceylanpinar (sud-est), en représailles à l'attentat suicide de Suruç (sud), attribué au groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui a fait 32 morts et une centaine de blessés parmi de jeunes militants de la cause kurde.