Après le coup d'Etat manqué, la Turquie émet un mandat d'arrêt contre Fethullah Gülen

Le prédicateur est exilé en Pennsylvanie depuis 1999. Ce dossier risque d'empoisonner les relations entre les Etats-Unis et la Turquie, qui accuse l'ancien imam d'être le cerveau du putsch manqué.

Le prédicateur islamique Fethullah Gülen dans sa résidence à Saylorsburg, en Pennsylvanie.
Le prédicateur islamique Fethullah Gülen dans sa résidence à Saylorsburg, en Pennsylvanie. (SELAHATTIN SEVI / ZAMAN DAILY / AFP)

Un tribunal d'Istanbul a émis un mandat d'arrêt à l'encontre du prédicateur exilé Fethullah Gülen, jeudi 4 août. Malgré ses dénégations, l'ancien imam est accusé par Ankara "d'avoir ordonné la tentative de coup d'Etat du 15 juillet". Installé en Pennsylvanie (Etats-Unis) depuis 1999, ce dernier est la bête noire du président turc Recey Tayyip Erdogan. Cette démarche ouvre la voie à une demande formelle d'extradition auprès de Washington.

Ce dossier risque d'empoisonner durablement les relations turco-américaines. Les Etats-Unis ont demandé des preuves à Ankara de l'implication de l'ex-imam septuagénaire. Les plus hauts responsables de Turquie ont déjà réclamé de nombreuses fois aux Etats-Unis l'extradition de Fethullah Gülen, qualifié de "terroriste", et la Turquie dit avoir fourni à deux reprises des "dossiers" sur le rôle de Fetthulah Gülen dans le coup d'Etat manqué. Le prédicateur avait condamné la tentative de renversement du pouvoir, depuis son exil américain.

Traque implacable contre les sympathisants réels ou supposés

En décembre 2014, la Turquie avait déjà émis un mandat d'arrêt contre Fetullah Gülen, qu'elle accusait d'avoir "monté et dirigé une organisation terroriste armée". A l'époque, les relations du président Recep Tayip Erdogan s'étaient déjà dégradées avec son ancien allié, en raison d'un scandale de corruption impliquant des proches du président et des ministres, derrière lequel Ankara avait vu la main de Fethullah Gülen.

Le neveu du prédicateur, Muhammet Sait Gülen, a été placé jeudi en détention à Ankara, après avoir été mis en garde à vue dans la ville de Erzurum, le 23 juillet. Depuis le coup d'Etat manqué, le gouvernement mène une traque implacable aux sympathisants, réels ou supposés, de Fethullah Gülen en Turquie, en particulier dans l'armée, l'éducation, la justice et les médias.